10 conseils pour être bien assise sur une selle femme

Le choix d’une selle femme est un impératif car de cet accessoire dépend la réussite de la pratique du vélo. C’est vrai pour tous les cyclistes mais encore davantage pour les femmes. Le choix de la selle ne doit être sous-estimé mais c’est surtout la position qu’il faut étudier.

Que l’on soit débutant ou cycliste expérimenté.e, cyclotouriste ou cyclosportif, homme ou femme, la question du choix de la selle mérite une attention bien particulière. Sans quoi, la qualité de la pratique du vélo risque d’en souffrir… en même temps que votre postérieur.

Faut-il une selle spécifique ?

Il est  indispensable de choisir une selle correspondant aux spécificités du cycliste.
De longues heures durant, le postérieur va supporter le poids du corps assis sur la selle. Il est non seulement en contact avec une petite surface rigide. De plus, il sert de point d’appui pour pédaler. Enfin, il subit les contraintes liées à l’irrégularité de la route.

Les parties exposées


Les parties molles  – situées entre les tubérosités ischiatiques – sont exposées aux frottements, à l’échauffement, aux micro-traumatismes et à la compression.

La réalité

Une enquête portant sur des cyclistes expérimentés, hommes et femmes mettait en évidence les points suivants.

  • Un tiers des cyclistes se plaignaient de la sensibilité élevée des tubérosités ischiatiques.
  • 21% des cyclistes avaient une diminution de la sensibilité du périnée et des territoires proches. En raison, notamment de la compression du nerf pudendal qui innerve le périnée et les organes génitaux externes. Ce nerf joue un rôle dans la continence urinaire et anale.
  • 13% des hommes avaient des troubles de l’érection.
  • Dans la même enquête, on remarquait que 73% des femmes avaient des lésions cutanées contre 54,4% des hommes alors que le nombre de kilomètres sur la selle était inférieur de moitié (13 000 contre 27 000)

Les femmes sont plus vulnérables que les hommes

Le corps est en appui sur la selle par les ischions, deux tubérosités osseuses se situant dans la partie inférieure du bassin. La distance inter ischiatique est plus grande pour les femmes. Si le cyclisme est pratiqué avec une selle masculine, les ischions se posent à l’extérieur de la selle, exposant les chairs à une pression plus importante.

Par Auteur: d.renard

Des critères objectifs

Il est indispensable de trouver une selle parfaitement adaptée aux caractéristiques du bassin.

  • Elle doit avoir une assiette assez large pour que les ischions puissent y prendre appui aisément Cela permet d’éviter une compression des parties molles du périnée entre la selle et la face interne des ischions.
  • Elle n’est pas trop dure, plutôt ferme et souple.

Les affections

Les effets sur la peau

La sensibilité de la peau augmente à la hauteur des tubérosités ischiatiques. Cela est vrai pour la débutante comme la femme cycliste experte après une reprise de l’activité.  Il faut « habituer » progressivement le périnée au contact de la selle. Il subit un massage progressif avec un « tannage » de la peau qui va durcir.

L’irritation provoquée par le frottement et l’accumulation de sueur peut provoquer une macération de la peau, l’altérer et favoriser l’apparition d’une folliculite et de furoncles.

Induration nodulaire

Il est rare qu’un durcissement de la peau apparaisse chez les femmes. Cette affection est observée plus fréquemment chez les hommes. Ce sont des oedèmes durs, des nodules (2 à 5 cm) qui se forment lorsque la peau est prise en sandwich entre la selle et les tubérosités ischiatiques.

Il est nécessaire d’arrêter la pratique sportive, de consulter un médecin et d’envisager une étude posturale pour une évaluation ergonomique.

Bursite ischiatique

Les bourses séreuses – petites poches contenant de la synovie, un lubrifiant servant à faciliter le mouvement des muscles – peuvent être inflammées. La selle comprime la fesse et gêne le mouvement ordinaire de l’articulation coxo-fémorale. En résulte, une inflammation d’une ou plusieurs bourses séreuses au niveau de l’ischion.

Compression du périnée

Au contact de la selle, la compression peut avoir un double effet.

  • Cela peut avoir comme effet d’écraser le nerf pudendal entre la selle et les ischions. Ce nerf a des branches motrices et sensitives. Sa compression prolongée peut entraîner des troubles sensitifs au niveau du périnée voire des troubles fonctionnels (anus, organes sexuels…). Cette compression mécanique directe du nerf peut entraîner un processus de démyélinisation.
  • La pression sur le périnée a aussi des effets sur la vascularisation de la région. L’appui sur la selle provoque une baisse significative de la pression partielle en oxygène dès la première minute.

Et pour les femmes

D’autres manifestations peuvent apparaître chez la femme.

  • On peut observer, au niveau de la vulve, des hématomes, des érosions superficielles voire des déchirures.
  • La compression de l’urètre peut provoquer des troubles de la vidange vésicale et causer des cystites secondaires.  

10 conseils

  1. Le pad doit être nettoyé correctement. Il faut, aussi, vérifier son état afin de s’assurer que les différentes épaisseurs continuent à jouer leur rôle. S’il est dégradé, on ne l’utilise plus car il peut occasionner des blessures.
  2. Localement, l’hygiène doit être parfaite. Après une sortie, il faut se laver correctement afin de supprimer les traces de sueur, de soigner les éventuels échauffements ou lésions afin d’éviter le risque d’installer une lésion périnéale.
  3. Au cours de la sortie, il est recommandé de changer souvent de position sur la selle.
  4. Les sorties longues, au delà de 6 heures, entraînent des troubles qui peuvent mettre plusieurs semaines à disparaître. En deçà de 6 heures, les troubles périnéaux régressent rapidement.
  5. La position de la selle doit être correctement réglée en hauteur et dans son recul dans le plan horizontal.
  6. Une selle qui penche en avant augmente le poids du corps sur les mains et la pression sur la région périnéale.
  7. La distance entre l’appui sur la selle et celui sur le guidon doit être optimisée afin de répartir le poids entre les deux appuis et soulager la pression sur la selle.
  8. La position sur la selle doit être travaillée. Le bassin doit être équilibré sur la selle, les membres inférieurs symétriques. Ce travail doit permettre d’éviter de “tourner” autour de la selle.
  9. Une attitude “anti-choc” va permettre d’absorber les chocs dus à l’irrégularité de la route : haut du corps légèrement penché en avant, bras non tendus.
  10. La position sur la selle est plus importante à prendre en considération que les caractéristiques de la selle. Pourtant, le choix de la selle ne doit pas être sous-estimé.
A propos de Laurent 71 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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