Au cœur de l’épreuve VTT Cross-country La Transmaurienne Vanoise

Lorsqu’on s’inscrit à la Transmaurienne-Vanoise, on sait à quoi s’attendre… Est-ce vraiment si sûr ? Car, c’est bien la force de la “Transmau”, comme aiment l’appeler les habitués, de ne dévoiler qu’une part de son caractère. A vous  de l’apprécier tout au long des 5 jours que durent cette épreuve, aujourd’hui trentenaire.
Laura Winkel a eu la force et la chance de la vivre de l’intérieur. Découvrons ses impressions, source d’inspiration sûrement pour celles et ceux qui veulent vivre une aventure sportive de qualité. 

Laura Winkel, une vététéiste passionnée

Laura est une vraie cycliste passionnée qui pratique le VTT en compétition au sein du club du “Thionville VTT”. Elle nous explique ses débuts “J’ai commencé par des courses XC (cross-country) au niveau régional puis j’ai découvert les courses d’endurance et trouvé une passion pour les longs efforts. En 2017, mon classement au Roc d’Ardenne marathon en Belgique me permets de me qualifier pour les Championnats du Monde XCM à Singen en Allemagne. Le déclic est là, ce que je veux faire : du long.

Ce n’est pas le classement qui la motive “L’objectif n’est pas forcément le classement, mais le dépassement de soi même”. Comme souvent, les cyclistes amateurs ne participent pas aux compétitions pour le classement mais il sert néanmoins à estimer la performance, à la situer. C’est un moteur en quelque sorte.

A partir de cette première expérience, “Depuis les longues distances s’enchaînent : La trace Vosgienne, le Vélo Vert festival, le Roc d’azur, les Cimes de Waimes… et un nouveau défi se profil. Cette année, je me suis lancée sur l’Alpine Cup. Un challenge de quatre manches réparties sur tout l’arc Alpin. La première manche avait lieu en Italie avec l’Herobike, puis il y a eu la MB Race où je termine 4ème en Senior Dame, la prochaine étape sera à Verbier en Suisse. Entre ces manches s’est glissée la Transmaurienne, histoire d’en prendre plein les yeux au cœur du parc de la Vanoise”.

La Transmaurienne : 30 éditions

“...l’âge où la vie ne s’évalue pas en rêves mais en réalisations” (Yvette Naubert). 30 éditions depuis 1988. Ce nombre indique la constance qu’il y a à soutenir un évènement. Si les inscrits sont toujours plus nombreux c’est parce que la promesse est à la hauteur des attentes des vététéistes. Ils y reviennent. c’est ce qui en fait un événement de référence.

La Transmaurienne naît au moment où la pratique du VTT est marginale. Mais pourtant,  cette course est en phase avec ce qu’on attend de la pratique du vélo de montagne. Sortir des sentiers battus. Être au cœur des grands espaces, en devenir un acteur. Vivre une épreuve physique, rude, mais néanmoins la maîtriser. Jouer avec l’espace pour le dominer.

Naturellement, La Haute-Maurienne est un terrain de jeu idéal pour le VTT. Les acteurs locaux, le village-station d’Aussois  et les 7 villages de la communauté de communes de la “haute-Maurienne-Vanoise, en ont saisi l’intérêt, eux qui ouvraient leur territoire à la pratique du ski en hiver, trouvent en cette nouvelle activité sportive un outil du développement touristique. La lecture de la carte de présentation des circuits VTT en Haute-Maurienne atteste de la multiplicité et la richesse des parcours.

L’histoire de Laura et la Transmaurienne Vanoise

Comme bien souvent dans les affaires humaines, tout est question de rencontres et d’opportunités. Laura nous raconte comment elle décide de participer à la Transmaurienne Vanoise  “Il y a 10 ans j’ai rencontré Séb, à ce moment là je pratiquais le patinage sur roulettes. Il m’a fait découvrir le VTT, un sport loin des strass et des paillettes. Au départ ce n’était qu’une pratique loisirs avec le plaisir de faire un sport en extérieur et de profiter de la nature. Pour vivre les grands événements de plus près, j’ai pris goût à le suivre aux quatre coins de la France. En 2013, il participe à sa première Transmaurienne. Le tracé de cette 25è édition empruntait de nombreux sentier de la Maurienne. L’aventure me semblait folle et les paysages époustouflants. Je me suis dit qu’un jour je serai aussi de la partie. Après avoir appris sur le tas à gérer des étapes de montagne, cette année je décide de me lancer. Dans un premier temps je me suis dit qu’on allait déjà tenter de boucler le format intermédiaire des 6000. Parce que même si les paysages sont magnifiques, je sais aussi que les parcours sont exigeants. C’est donc avec une belle bande de copain que j’ai pris le départ lundi 23 juillet de ma première Transmau !”

La Transmaurienne, des paysages qui ne laissent pas indifférents

Les circuits sont renouvelés chaque année. Les paysages sont grandioses, à la hauteur des défis qui attendent les concurrents. Certains endroits, plus que d’autres, ont marqué l’attention de Laura. Elle nous dit “ plusieurs images me viennent en tête. Lundi, la traversée du village d’Eclot, lieu de tournage de Belle et Sébastien, film que j’apprécie particulièrement.

Mardi, la montée d’1h50 au col de Solière (2 639 m d’altitude) depuis Lanslebourg. Une fois en haut la vue est imprenable et la descente sur le lac bleu émeraude du Mont Cenis est magique. Ensuite, le vendredi, pour terminer en beauté, l’organisation avait misée sur un single étroit en balcon à 2 000 m qui surplombe toute la vallée d’Aussois et qui nous amène au refuge du Plan sec.”

La Transmaurienne, un terrain de jeu pour le VTT

La Transmaurienne est une épreuve qu’on l’aborde en mode compétition ou en mode randonnée. Dans ce type d’épreuve, le temps n’est pas compté. Ce qui prime, c’est l’espace à franchir, inexorablement. Des dénivelés ascendants, descendants. Il faut maintenir la concentration constamment. La loi qu’impose le terrain est impitoyable. Il peut à chaque fois se dérober. Il faut franchir sans s’affranchir de la technique qui prend ici, un aspect fondamental. Un jeu à trois : le corps, le vélo et le terrain. Tout doit être en phase. Sinon c’est la chute. Il n’y a pas de hasard avec le VTT. Tous les participants sont forts.

Le VTT, un sport technique

Laura profite de chaque course pour étoffer son expérience, c’est ce qu’elle explique “ l’étape de jeudi à travers les forts était particulièrement technique. Dès le départ, nous plongions droit dans la pente. Malgré les orages, le sol était ultra sec, poussiéreux et donc fuyant. Après le portage, la descente de presque 10 km fait mal. Le chemin est sévèrement escarpé, racines, épingles, marches, roches… Tout est réuni. Beaucoup parlent de « vrai VTT » et c’est là que je me rend compte qu’il faut encore travailler dur pour enchaîner les passages avec fluidité. Malgré la fatigue de la semaine, la deuxième partie de la descente du vendredi était vraiment fun, pour le coup dans celle-ci il y avait de quoi jouer avec le vélo et se faire plaisir.”

La Transmaurienne, une épreuve VTT Cross-country en 5 étapes

Le parcours des 9 000 est l’épreuve reine : 216 km 9 600 D+ en 5 jours. La course est la seule compétition de cross-country à étapes en France. Elle donne lieu à l’attribution de points UCI. Les meilleurs vététistes mondiaux s’y retrouvent. Cette année, c’est Margot Moschetti, multiple championne de France de cross-country marathon qui remporte la course. Chez les hommes, Arnold Jeannesson, ancien cycliste professionnel, monte sur la première marche du podium. Ce n’est pas par chance qu’on gagne à la “transmau”.

Tout le monde est gagnant. Que ce soit sur le parcours des 6 000 (168 km, 6 500 D+) en mode chrono ou sous la forme de la randonnée sportive (4 jours, 153 km et 6 200 D+).

Une préparation physique de qualité

D’ailleurs, Laura aborde la course en ne laissant rien au hasard “Une bonne préparation physique est vraiment importante pour ce type d’épreuve. Avant la course il faut du repos, une alimentation équilibrée et une très bonne hydratation.”

Connaître le parcours et ses caractéristiques

Avant chaque étape il est important de visualiser le profil, bien qu’il ne faille pas s’y fier à 100 % car les parcours peuvent être partiellement modifiés. La première étape passe très vite avec l’euphorie et l’adrénaline mais l’hydratation est très importante pour éviter les crampes les prochains jours, surtout avec la chaleur que nous avons connu. Pour la suite il faut se ménager. Sur ce point, j’ai peut être fait une erreur le mardi en ne gérant pas l’ascension de 18km justement… Les jambes étaient là et je ne pouvais m’empêcher d’appuyer sur les pédales. Tous les voyants étaient au vert.

La gestion difficile d’une course à l’étape : au mental

Par contre le lendemain, j’ai payé cher lors du changement de rythme imposé par le parcours XC… Les deux derniers jours, on a beau se mettre en mode récup entre deux étapes (massage, chaussette de compression, hydratation maximale, repos…) ce n’est pas que la préparation physique qui nous permet de terminer mais le mental. On serre les dents et on cherche la motivation d’aller au bout avec l’appréciation des paysages par exemple. Enfin, l’alimentation pendant la course est aussi très importante. Chacun doit trouver le meilleur moyen de s’alimenter, pour ma part compotes, gommes fruités et abricots secs sont mes carburants. Je conseille vivement de tester les différents articles de nutrition avant la course afin d’éviter toute surprise (facilité à mâcher, goût, tenu au corps…).”

Femmes et hommes reçoivent la même prime

Ces vététéistes ne viennent pas pour la prime. Le vainqueur touche la modeste somme de 375 euros. Ils viennent surtout pour la reconnaissance qu’apporte une participation à cette course. C’est peut être à cela qu’on voit qu’une course est devenue une légende.
Ce qui est remarquable c’est que la prime aux vainqueurs est identique pour les femmes et pour les hommes. Il est rare que cette égalité soit respectée. Les courses sur route, par exemple, ne suivent pas le même traitement.

Pourtant, les femmes ne sont pas très nombreuses à y participer, tout au moins en mode compétition.

  • Sur le parcours des 9 000, elles sont 19 sur 242 inscrits. Elles seront 12 à terminer sur les 203 finishers au total. Elles représentent 6% des participants.
  • Sur le parcours des 6 000, elles sont 11 au départ (86 inscrits) et 7 à terminer (63 finishers) soit environ 11% des participants

La force monstrueuse de l’effort

Nous avons cherché à comprendre ce qui, dans le VTT, attirait Laura “Le VTT permet d’évoluer dans un milieu naturel et de s’aérer l’esprit. Ce que j’aime c’est découvrir de nouveaux terrains de jeu. J’apprécie particulièrement les étapes de montagne, les reliefs me fascinent. Se retrouver devant l’immensité de ces blocs de roches apparus là il y a des millions d’années et se sentir si petit… C’est une chance qu’il faut savoir apprécier à chaque instant de la course.”

Reconnaître qu’on existe

Franchir la ligne n’est pas le but en soi, Laura est à la recherche de toutes ces sensations qui lui permettent d’exister en tant que sportive “Le goût pour la compétition vient surtout du fait, comme je le disais, de se dépasser soi même. Découvrir ses limites, se forger un mental. Au final, avant même de se battre pour un classement, c’est le chrono qui reste le premier adversaire avec la satisfaction de franchir la ligne d’arrivée, « de l’avoir fait ». Un moment unique où une vague d’émotion nous submerge. Un sentiment qui nous donne envie de recommencer et qui nous fait vite oublier les moments de galère.”

Une épreuve ouverte au plus grand monde

Une enquête (MJS-INSEP 2000) estime à 4,5 millions le nombre de pratiquants du VTT dont 1 tiers de femmes. Il semble également qu’ils pratiquent le VTT pour son aspect ludique, pour le rapport à la nature et non pour la compétition. La Transmaurienne propose deux formules permettant de participer à son rythme (randonnées sportives), à la carte et en famille (mode rando).

Objectif, le plus grand nombre

Dès sa création en 1988, La Transmaurienne Vanoise a toujours eu pour objectif de permettre 

à toutes les personnes, qu’elles soient confirmées ou non, de pratiquer le vélo tout terrain sur les chemins de la Haute Maurienne, en proposant des parcours de difficultés diverses.  Comme la Transmaurienne Vanoise est incluse dans un projet de territoire, tous les hébergements proches sont associés pour proposer des solutions économiques permettant d’y participer confortablement.

Une ambiance familiale

Pour Laura, c’est en équipe qu’elle s’est organisée pour vivre confortablement tout au long des jours de course “J’ai partagé cette semaine avec les coureurs du Team Moselle Culture Vélo. Après s’être inscrits, nous avons louer un superbe logement moderne au coeur d’Aussois. L’emplacement du logement était stratégique, pas trop haut en altitude et nous étions sur place 3 étapes sur 5. Ensuite pour l’organisation, le Team est bien rodé. De plus avec notre Myriam au petit soin pour nous toute la semaine, rien n’était laissé au hasard. Passer la semaine avec l’équipe a été aussi un grand moment fort de cette aventure. Après la course chacun pouvait partager ses récits, tout en partageant des bons moments de rigolade qui font du bien. On se serait presque cru en vacances.”

Merci à Laura pour ce récit passionnant.  La Transmaurienne Vanoise est une grande et belle épreuve de VTT Cross-Country par étape.  Difficile, elle reste néanmoins accessible à condition de s’y préparer sérieusement.  

A propos de Laurent 86 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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