Au cœur de l’Etape du Tour 2018 : Annecy – Le Grand Bornand

Tamara sera au départ de l’Etape du tour, le 8 juillet 2018. Elle s’y prépare depuis quelques semaines. On vous explique comment elle aborde cette cyclosportive, l’une des plus importantes de France.

“J’ai pris tardivement la décision de participer à l’Etape du Tour. Je remercie Rapha de m’avoir intégré à  la famille Rapha Cycling Club (RCC) pour l’Etape du Tour 2018. Grâce à cela, je débute dans les premiers sas de départ. Je vais vivre la course à l’avant (loin derrière les plus rapides).”

L’organisation de l’étape du tour

Tout d’abord, le site internet “l’Etape du Tour est une mine d’informations. En plus des indications sur le parcours et le profil des différents cols, on y trouve des guides entraînement, nutrition et équipement. L’ensemble est très clair et donne une excellente image de ce qu’on va vivre dans quelques jours.
Ces informations sont importantes car l’Etape du Tour est une épreuve de masse. S’y inscrivent de nombreuses personnes qui ne sont pas habituées à la compétition.
L’inscription se fait sur le site de l’Etape du Tour. Mi-juin, on reçoit un courriel indiquant les informations concernant les conditions de retrait du dossard et les horaires de départ des différents sas. L’organisation est de qualité et claire. On reçoit également des indications concernant les points ravitaillement et les zones de rapatriement.

Le service produit par ASO est à la hauteur de l’événement : l’inscription de 15 000 personnes, la remise des dossards, l’organisation du départ, la sécurité sur le parcours… Tout est prévu en amont.

… et les femmes à l’Etape du Tour

L’étape du Tour réunit régulièrement 600 femmes. Leurs performances se situent entre 5h41 et 11h00 pour les moins rapides. C’est très peu, au final, par rapport aux 10 000 finishers de l’épreuve.
Même si elle rassemble tous les profils de cyclistes, l’étape du tour reste une épreuve exigeante qu’il n’est pas prudent d’aborder sans une préparation spécifique.

“Très rapidement, avec mon entraîneur, nous avons établi un programme de travail spécifique. Progressivement, nous avons augmenté le kilométrage. Sur le plan de l’endurance (voir article “Comment optimiser le développement de l’endurance ?”), nous avons travaillé ma capacité à supporter les changements d’intensité. Nous avons, aussi, mené un travail de fond de renforcement musculaire.”

Le départ : s’habituer à rouler vite

L’épreuve prend son départ à Annecy et débute par le tour du lac jusqu’à Talloires et son talus. Il est vrai que cette montée sèche (2 kms environ à 5%) représente peu sur les 4 000 m de D+, cependant, elle arrive après 25 km  à vive allure. Chacun sait que les départs de cyclosportives sont très rapides, d’autant plus que les premiers kilomètres sont plats, aujourd’hui. Il faut donc à la fois être échauffé mais aussi, habitué à ce type d’effort de début de course. l’article”optimiser le développement de l’endurance : s’entraîner et s’alimenter correctement” fait le point sur cette question.  

“Je suis habituée à ce type d’effort. Il y a deux ans, je faisais partie d’une équipe Allemande Granfondo le “Team Green’n Fit”. Sur les épreuves de la German Cycling Cup, les départs se font à plus de 50 km/h et l’effort se prolonge jusqu’à la première difficulté. A l’entraînement, je travaille spécifiquement ces situations. Cela reste, malgré tout, particulièrement, éprouvant.”

Rouler en groupe jusqu’au premier col

Cette petite bosse fait mal et provoque le tri dans le peloton. La difficulté se prolonge tout au long de la route qui mène vers Alex. La difficulté est de commencer à trouver le rythme. La journée est longue. L’intensité doit être soutenue. Il ne faut pas, non plus, se laisser entraîner par des coureurs plus rapides. L’idéal est de se caler dans un groupe et de suivre sans prendre de risque.

“Je roule en groupe une à deux fois par semaine. Ça ne pose pas de problème. J’aime, par contre, prendre la tête et amener le groupe. Il faut que je sois patiente”

Le premier col : se rassurer

Le col de la Croix Fry se trouve à 40 kilomètres du départ. Jusque là, on a monté, doucement certes, mais ce faux-plat peut peser sur les jambes si on n’a pas été prudent. L’ascension dure 13 kilomètres pour une pente moyenne de 6,5%. Bien qu’il soit considéré comme un col roulant – pour des cyclistes aguerris à la montagne – il n’en reste pas moins qu’il faut l’aborder tranquillement. Intensité soutenue, fréquence de pédalage entre 75 et 85. Sur ces pentes, il faut trouver le rythme, la bonne intensité et se rassurer. Il faut arriver au sommet en ne ressentant aucune fatigue excessive.

“Je ne suis pas une montagnarde. Je n’en ai pas le profil. Par contre, je sais que je peux être régulière en maintenant l’intensité qui convient et en trouvant la fréquence de pédalage qu’il faut. Je sais, aussi, qu’il ne faut pas s’emballer.”

A l’assaut du plateau des Glières

Les 20 prochains kilomètres se font en descente pour rejoindre la montée vers le plateau des Glières. Ils sont roulants ce qui permet d’emmener tranquillement le grand plateau en tournant les jambes. Encore une fois, il ne faut pas se précipiter, ni s’emballer.

La montée du plateau des Glières est assez exceptionnelle. La route est spectaculaire. La pente est sévère : 6 kms à 11%. Rien ne peut y faire, c’est dur. La première difficulté à gérer est de passer du grand plateau au petit plateau. Ensuite, il faut avoir le braquet adapté à sa condition physique (voir article “Comment choisir le bon braquet quand on roule à vélo ?”). Il faut être en mesure de maintenir – au minimum –  une fréquence de pédalage de 60-65. Et donc, d’avoir monté une cassette appropriée (voir article “Comment remplacer une cassette en trois tours et un mouvement ?”).

“Mon expérience du Ventoux m’a appris qu’il fallait être prudente sur le choix du braquet. Pour l’occasion, j’ai un braquet de 34×32. Il me permet de maintenir une fréquence de pédalage suffisante pour ne pas être trop en force. Avec mon entraîneur, nous avons énormément travaillé le renforcement musculaire. Ce qui devrait permettre à mes muscles de soutenir l’effort. Mais sur cette section, je ne risque pas de faire des exploits.”

La descente du plateau des Glières : exercice d’équilibriste

Le plateau des Glières est un monument à ciel ouvert. Il fut – involontairement – la scène de combats d’envergure durant la seconde guerre mondiale. Le plateau ressemble à un immense cirque, spectaculaire, entouré de sommets montagneux. On y est bien. Sauf qu’il faut redescendre… et assez vite vers Thorens-Glières. La descente est tortueuse. Il est difficile de se laisser aller, planté sur les freins et attentifs aux virages qui se succèdent.

“Je roule à vélo pour le plaisir. Pouvoir accéder à ce genre de paysage est une grande chance. J’ai suivi un programme spécial “proprioception” pour améliorer mon aisance sur le vélo. J’ai progressé. Par contre, rien ne remplace l’expérience concrète dans de longues descentes.”

Une section de transition bienvenue

A partir de Thorens-Glières, on entame une section de transition de 37 kilomètres. On peut, si on en est capable, rouler sur cette partie. C’est ce que vont faire les spécialistes. On peut gagner du temps, faire des écarts. Pourtant, les cyclistes plus modestes vont se contenter de rouler à allure soutenue pour gagner les deux dernières difficultés de la journée. On se cale dans un groupe qui roule correctement. Le danger est de se trouver dans un groupe qui ne veut pas rouler.

“C’est assez frustrant car j’aime ces parties de transition. Ca correspond plus à mon tempérament de “rouleuse”. Je  peux rouler très longtemps dans ces zones d’intensités critiques avec des changements de rythme.”

Les cols de Romme et de La Colombière : prendre de la hauteur

Les 22 kilomètres suivants sont extrêmement difficiles à double titre. L’enchaînement des deux cols arrive en fin d’étape. Les pourcentages sont importants : 8 à 9% de moyenne. Là, encore une fois, la difficulté est de changer de braquet. Le pédalage va solliciter les muscles différemment. La fatigue est déjà installée. Il faut, malgré tout, poursuivre l’effort avec obstination. Il faut être habitué à ce genre d’effort. On a gravi de nombreux cols ou on a fait beaucoup de séances de renforcement musculaire.

“Je ne roule pas en montagne. J’ai pourtant fait des heures de renforcement musculaire et des séances de travail sur le mode “pédalage montagne”.”

Les derniers kilomètres se font en descente pour arriver au Grand-Bornand terme de l’étape.

Voilà, dans sa tête, Tamara est prête : entraînement, connaissance du parcours. La suite au prochain épisode… Récit de course.  

A propos de Laurent 86 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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