Au cœur du peloton : Look Marmotte Granfondo Alpes

LOOK MARMOTTE GRANFONDO ALPES a pris son départ le 08 juillet 2018 pour 174 km par les cols les plus mythiques des Alpes. 5 000 D+ avec, à la fin, les 21 lacets d l’Alpes d’Huez. Le mythe !
Fleur SKRIVAN a bien voulu nous faire part de ses impressions à l’issue de cette épreuve. Nous la remercions vivement : le témoignage des cyclistes doit devenir une source d’inspiration pour les autres cyclistes.

Fleur SKRIVAN, au cœur du peloton de la Look Marmotte Granfondo Alpes

Fleur SKRIVAN roule à vélo pour le plaisir. Sans prétention, en toute simplicité, elle participe aux belles épreuves cyclosportives, uniquement par satisfaction personnelle.
Retrouvez l’excellent portrait de Fleur sur le site au bon dossard, Team Stamina : dans la roue de Fleur SKRIVAN 

Look Marmotte Granfondo Alpes, un peu d’histoire

Cette course fait partie d’un ensemble d’épreuves organisé par “cycling classics France”  “LOOK MARMOTTE GRANFONDO SERIES”. Elle comprend “La LOOK MARMOTTE VALAIS”, “LE TOUR DES STATIONS” et  “La LOOK MARMOTTE PYRÉNÉES”.
La première “MARMOTTE” est organisée en 1982. En 1983, elle réunissait plus de 600 cyclistes dont 8 femmes. Depuis Look Marmotte Granfondo Alpes a bien évolué : plus de 6 000 cyclistes dont 243 femmes.

Look Marmotte Granfondo Alpes, une légende

Si elle attire autant les cyclistes, c’est que “Look Marmotte Granfondo Alpes” est une légende au sens littéral du terme. Au départ, c’était un simple récit qu’on lisait dans la presse spécialisée à ce genre de courses. Et puis les récits des participants en ont fait un évènement particulier dans l’imaginaire populaire, un récit merveilleux dans lequel chaque cycliste voulait trouver sa place. Depuis, Look Marmotte Granfondo Alpes est devenue la cyclo qu’il  faut avoir faite. Le must have !

Fleur confirme :  “C’était ma première participation à cette cyclosportive qui relève effectivement du mythe. N’étant pas à proprement parlé une grimpeuse, j’avais une grande appréhension, en octobre dernier, lorsque mon chéri m’a dit «  Tiens cette année, on va changer, on ne fera pas l’Etape du Tour, mais La Marmotte Alpes ». La Marmotte était donc « notre » objectif de l’été. Et notre entraînement, c’est vite structuré autour de ce grand rendez-vous. C’était un challenge !”

Look Marmotte Granfondo Alpes, les ingrédients de la légende

Ce qu’il y a de particulier dans une légende, c’est qu’on ne sait plus vraiment pourquoi elle existe. Elle fait partie de l’imaginaire collectif, c’est tout. Et c’est sûrement le premier ingrédient. Ensuite, on n’y est pas seul, 7 000 autres cyclistes de toutes nationalités pour un défi identique. Des paysages extraordinaires qu’on  ne contemple pas seulement mais qui deviennent des compagnons de jeu, séduit par leur charme, redoutés pour leur rugosité. Et puis ces images du Tour de France, ces cols franchis comme nos héros du mois de Juillet.

Fleur

“Ce qui m’attire dans ce type d’épreuves, c’est évidemment l’environnement, le terrain de jeu : j’aime la montagne, c’est tellement beau et tellement exigeant sportivement. A travers ma participation à de telles épreuves, c’est le dépassement de soi que je recherche, la victoire sur ses appréhensions, ses doutes, ses faiblesses. Il faut savoir faire preuve d’humilité, de détermination et s’entraîner sérieusement pour souffrir le moins possible…même si on souffre toujours. J’aime ces épreuves qui te permettent de te dire « je l’ai fait et j’en suis fière ».”

Look Marmotte Granfondo Alpes, le parcours est exceptionnel.

La distance (174 km) et le dénivelé (5 000 m D+) sont dignes des étapes Alpines du Tour de France.

L’ascension du col du Glandon longue et régulière amène à 1 924 m. On atteint toujours les sommets en enchaînant Le Télégraphe et le Galibier (2 645 m). Le retour vers Bourg d’Oisans se fait en descente, 45 kms. Le final est mythique avec l’ascension de l’Alpe d’Huez et ses 21 lacets.

Fleur nous livre ses impressions sur le parcours.

“Le parcours avec cet enchaînement de cols est grandiose et difficile, compte tenu de l’altitude (2 645m pour le Galibier) et de la distance totale à parcourir. La gestion de l’effort est primordiale. Les transitions entre les ascensions doivent être bien gérées aussi, avec l’enjeu de bien savoir s’abriter et rester dans les roues dans ces parties où la vitesse s’accélère toujours et où le vent se fait toujours un malin plaisir de souffler pleine face ! Le plus difficile est la dernière ascension, celle de l’Alpe d’Huez, car elle vient après la longue transition entre le Galibier et le Bourg d’Oisan. Le pourcentage des 1er virages et la chaleur rendent l’exercice très difficile…j’ai d’ailleurs dû gérer au mieux des débuts de crampes au virage n°13…et heureusement j’y suis parvenu et les 5 derniers km d’ascension ont été plus « faciles » !”

Look Marmotte Granfondo Alpes, la place des femmes

Encore une fois, elles sont peu nombreuses. Le cyclisme est un sport masculin, c’est un fait ! Mais pourtant, elles sont 243 (4% des finishers) à se frotter à la fois à la distance et aux dénivelés. On pourrait évoquer le défi, le dépassement de soi pour évoquer l’engagement de ces femmes. Mais ne serait-ce pas une manière de réactiver des stéréotypes de genre que de penser que la présence des femmes est extraordinaire sur ce type d’épreuve ? Autant que les hommes, elle sont capables de ce type de performance. Laurianne Plaçais termine l’épreuve en 6h39, 113e au classement général. 

Marmotte Alpes Granfondo / 113e scratch et 2e F. . Un col du Glandon superbe sous les premières lueurs du jour. Un col du Galibier, toujours aussi renversant. Du Lautaret à Bourg d’Oisans, un flirt avec le sauvage massif des Écrins et un enchainement de tunnel rafraichissant. Et enfin, ces célèbres 21 virages pour rejoindre l’Alpe d’Huez. . Avec 4000m de D+ dans les jambes, j’ai rêvé de quelques dents de plus derrière mais je sauve les meubles en montant juste sous l’heure. . Bref, j’ai fait une très belle cyclo, j’ai roulé seule dans toutes les portions à découvert car incapable de tenir les roues en descente : j’ai sauté, sauté, sauté 🤭. Satisfaite du résultat, de ma gestion de course et fière d’avoir porter jusqu’au podium les couleurs de @louisonbobetcycling et @velosophe_cyclist_beer. . #granfondo #marmotte #marmottealpes #marmottegranfondo #cyclingclassics #look #cycling #cyclinglife #cyclingpassion #louisonbobet #velosophe #velosophecyclistbeer #cyclisme #biking #roadcycling #queenofthemountain #bikegirl #ellesfontvraimentduvelo #roadlikethese #galibier #alpesdhuez #21virages #racebike #alps #frenchalps

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Fleur a mis 8H21 pour parcourir les 174 km et 5 000 D+. Elle commente sa place de femme au coeur du peloton :

“ Globalement, je trouve toute ma place dans un peloton masculin et cela se passe globalement toujours bien. Je prends ma part quand il le faut avec la prise de relais…même si je manque souvent de puissance. Ce que je n’aime pas, c’est quand ça frotte.

Sur ce type d’épreuves, je recherche le dépassement de soi et la satisfaction d’arriver à atteindre un objectif…et pouvoir s’en fixer un autre. J’avoue aussi être attachée à bien faire et à me classer le mieux possible…et quand je fais des podiums je suis très heureuse. C’est aussi, les paysages traversés et le rapport aux autres concurrents car sur ce type d’épreuves longues et difficiles ça pousse à plus de partage, d’échanges, de solidarité dans l’effort…en tout cas, je suis comme ça. Je rencontre et discute toujours avec des personnes très sympas, filles ou garçons. Cela me fait du bien, c’est réconfortant…d’autant plus quand c’est difficile.

J’aime aussi ce type d’épreuves pour tout le travail qu’ils impliquent, les heures d’entraînement qui vont forcément avec. J’attache beaucoup d’importance à la préparation. Je m’entraîne, de manière empirique, avec mon chéri et d’autres copains. 3 sorties vélo par semaine en moyenne, avec du travail un peu spécifique, mais sans doute pas assez. On roule un peu aux sensations. Il faut aussi composer avec le boulot, qui ne laisse pas toujours la disponibilité ni la fraîcheur nécessaire à faire tout ce que je voudrais. Mais, comme je roule souvent qu’avec des garçons, je suis poussée bien souvent dans mes retranchements (notamment car j’ai moins de puissance). Pour me préparer à des épreuves de montagne, j’aime (et ça me rassure) aller repérer les cols.

Je fais du vélo depuis l’âge de 30 ans (et j’en ai 44). J’aime ce sport qui occupe une place très importante dans ma vie, d’autant que je partage celle-ci avec un cycliste. On partage donc la même passion, et le temps passé sur le vélo est un temps partagé (même s’il roule plus que moi).”

Merci Fleur pour avoir bien voulu nous livrer ces impressions, au cœur du peloton, avec autant de justesse. On perçoit à travers les mots les motifs de cette passion pour un sport qui procure des émotions paradoxales : autant de temps passé sur le vélo pour maîtriser une épreuve qui, chacun le sait, au départ restera rude et rugueuse. Que cette expérience soit une source d’inspiration pour toutes celles et tous ceux qui pédalent.

Crédit photos : Fleur SKRIVAN
Crédit photo : Hilmar Buschow

A propos de Laurent 86 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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