Au tour d’Elles – en Nouvelle-Calédonie avec Amandine Collomb

Amandine Collomb était au départ du Tour de Nouvelle-Calédonie.
Il en est à sa 48e édition. Mais, depuis 2016, un tour spécifiquement destiné aux femmes est organisé, en même temps. Il s’appelle “Au tour d’elles”. On serait tenté de dire que le tour féminin est né sous l’aile de son aîné. Pourtant, il s’agit de tout autre chose. Amandine nous livre ses impressions sur cette course aux antipodes.

[Le site de l’organisation]

“Au tour d’elles” : un tour pour les femmes, par les femmes

La première particularité de cette épreuve, c’est que ce tour est pris en charge intégralement par des femmes. On ne sait pas si c’était l’idée des 5 sportives Néo-Calédoniennes de vouloir promouvoir la pratique féminine. En tout état de cause, après avoir développé un collectif, elles ont créé ce “tour féminin” en 2016. Un “pourquoi pas nous” qui a reçu, immédiatement le soutien du Comité Régional de Cyclisme de Nouvelle-Calédonie, organisateur du Tour cycliste masculin. Et bien entendu, Autour de ces femmes engagées, l’ensemble de la communauté des cyclistes s’est réuni. L’appui fut complet. Elles sont soutenues par les instances dirigeantes, par les partenaires et par les médias qui assurent la couverture de l’épreuve. 

17 000 km plus loin

Amandine Collomb était au départ de cette course aux antipodes, à 17 000 km de chez elle. Elle pratique le cyclisme depuis quelques années et participe régulièrement à des cyclosportives. Elle a fait  la promotion du cyclisme féminin avec Donnons des Elles au Vélo J-1.

Amandine nous explique comment elle a décidé de participer à cette épreuve.

Au printemps, par le biais des réseaux sociaux, j’avais découvert “Au Tour d’Elles”. Forte de mon expérience du mois de juillet et toujours en quête de nouveau défi, je me suis mise en relation avec les organisatrices dès la fin du Tour de France. Avec mon conjoint nous cherchions une destination pour nos futures vacances, voilà l’occasion parfaite pour allier ma passion et la détente.

Début septembre, billets d’avion validés, recherche de partenaires, plusieurs contacts avec Diane, une des organisatrice…. Et un mois plus tard et après 26 h d’avion, me voilà au départ.

Au tour d’Elles pour rassembler et non pour exclure

Outre pacifique, le Tour est devenu une date importante du calendrier des courses. Dès la première édition, 2016, le succès est au rendez-vous. 32 cyclistes prennent le départ venant de Nouvelle-Calédonie principalement. Pour la première édition, l’épreuve comprenait 3 étapes mais l’organisation permettait aux cyclistes de participer à autant d’étapes qu’elles le souhaitaient. 21 coureuses ont participé aux 3 étapes tandis que les autres ont été plus prudentes. Il vaut mieux rassembler plutôt qu’exclure. L’idée convainc car les “prudentes” ont décidé l’année suivante par la suite de faire l’ensemble des étapes. Cette idée de rassemblement se retrouve également dans les âges des participantes. La moyenne d’âge est de 35 ans comprenant des cyclistes de 16 à 61 ans.

Au tour d’Elles en 2018 : une organisation déjà bien rodée

En 2018, le tour a bien changé. Les cyclistes ont 6 étapes à réaliser en 6 jours. Un total de 288 km sur des parcours de 19 à 58 km, courses en ligne et un contre-la-montre.

Selon Amandine,

Les étapes sont courtes, entre 50 et 60 km mais compliquées et intensifiées par le vent, la chaleur et un taux d’humidité très élevé. La Nouvelle-Calédonie n’est pas un plat pays. Les cols sont souvent courts mais avec des pentes à fort pourcentage. En ce qui concerne le décalage horaire, il faut prévoir quelques jours d’acclimatation.

Elle continue, 

Le parcours traversait l’ensemble de Grande Terre. Les paysages sont sublimes et complètement différents entre le Nord et le Sud de la Grande Terre. Malheureusement, cette année l’épreuve de la mine a été annulée à cause d’une météo capricieuse.

Au tour d’Elles : la compétition

Le classement de la course se fait aux points et non aux temps cumulés. Il n’y a pas d’équipes. C”est une manière de niveler les différences, tout au moins, de ne pas mettre en exergue les différences de niveau entre les participantes.

Amandine souligne que

l’état d’esprit est excellent au sein du peloton malgré la compétition. Cet état d’esprit permet à toutes les femmes de participer et de se faire un maximum plaisir sur la course.

Un moyen pour amener les femmes à une pratique sportive du vélo

Mais en Nouvelle-Calédonie, on ne se contente pas de faire la course. Le Tour se prépare ensembles. Le collectif organise tout au long de l’année des rendez-vous “entraînement” pour repérer le parcours et pour développer certaines qualités. Il y a aussi des réunions préparatoires plus festives.

Pour en revenir à la course. 

L’organisation

Les détails de l’organisation sont donnés par Amandine

Pendant le tour, les coureuses sont prises en charge par l’organisation : hébergement, repas, … Les hébergements se font en internat. Les repas sont en commun avec les coureurs masculins ce qui permet de partager de supers moments sportifs. L’organisation générale est coordonnée par les filles du collectif mais aussi assurée par une équipe de bénévoles.
La caravane est constituée de plusieurs véhicules : voitures ouvreuses, suiveuses, un directeur de course, plusieurs motards dont 2 de la gendarmerie pour assurer notre sécurité.

Une course médiatisée

L’épreuve reçoit une médiatisation identique que celle de son homologue masculin.

La course a bénéficié d’une médiatisation accrue grâce à la diffusion quotidienne du résumé et des résultats sur NC1ere, la télévision Nouvelle-Calédonie,  en même temps que le 48e tour cycliste de Nouvelle-Calédonie.

Elles ne savaient pas que c’était impossible alors elles l’ont fait

C’est incroyable comme les barrières sautent quand on se donne la peine de la simplicité et de l’authenticité. Voilà donc un bel exemple. Les choses se mettent en place correctement à condition, bien entendu, de le vouloir. Là encore, un collectif de femmes a choisi de faire le premier pas. Et naturellement, tout le monde a suivi. 

Amandine a le dernier mot

J’invite toutes les cyclistes à se rendre sur la page Facebook “Au Tour d’Elles” et pourquoi pas, préparer votre futur voyage à l’autre bout du monde ! Une fois encore, je remercie l’ensemble des partenaires m’ayant soutenu par leur aide financière et matérielle. Merci également aux bénévoles qui ont permis par leur disponibilité et leurs initiatives que cette 3ème édition d’Au Tour d’Elles soit une réussite.

Un grand merci à Amandine Collomb  d’avoir bien voulu nous confier ses impressions sur cette course à l’autre bout du monde.

A propos de Laurent 86 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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