Comment choisir le “bon braquet” quand on roule à vélo ?

J’ai beaucoup de mal à choisir le bon braquet quand je roule…

La réponse ne pourrait tenir que dans cette ligne…

…ce n’est pas le cycliste qui cherche le bon braquet mais le braquet qui trouve le cycliste…

Le fait est là.

Sans y penser, le cycliste, quelque soit son niveau, utilise, spontanément, le braquet qui correspond le mieux  à la fois au terrain et à son potentiel du moment.
Et pour un entraîneur, l’observation du pédalage d’un cycliste est une mine d’informations à la fois sur son degré de technicité mais aussi sur son potentiel physiologique.

Les facteurs à prendre en compte pour répondre à la question

Le choix d’un braquet n’a de sens que dans les rapports qu’il entretient avec la fréquence de pédalage et avec le terrain sur lequel le cycliste évolue. En outre, on ne peut pas perdre de vue que le mouvement a des conséquences sur la consommation en oxygène. Plus l’effort est intense plus  les besoins en oxygène augmentent.
Par exemple, emmener un gros braquet à une fréquence de pédalage élevée sur un faux-plat ne représente pas le même type d’effort que celui de rouler sur une route plate le vent dans le dos.

Une question d’efficience

Dans ces conditions, la question de l’efficience est centrale. Il s’agit d’évaluer le rapport entre le niveau de performance obtenu et le coût de l’activité mise en œuvre pour l’obtenir.
En ce qui concerne le pédalage, l’analyse de l’efficience est complexe. En effet, elle est liée à deux éléments interdépendants.

  • La réalisation d’un mouvement économique. La recherche de l’efficience motrice/mécanique permet de réduire le travail mécanique produit pour réaliser le mouvement. Non seulement il s’agit d’optimiser le geste mais aussi de l’adapter aux contraintes environnementales.
  • Une utilisation optimale des ressources énergétiques (efficience physiologique). On cherche à dépenser moins d’énergie pour produire le pédalage : consommation d’oxygène, lactatémie, recrutement des fibres musculaires.

L’efficience du cycliste expérimenté

Le niveau d’efficience des cyclistes expérimentés est supérieur aux autres pour deux raisons.

  • Leur maîtrise du pédalage est meilleure : équilibre des forces sur la pédale, gestion des coordinations, appréciation des contraintes musculaires et articulaires.
  • Une perception plus fine de l’évolution du métabolisme : informations en provenance du système cardiovasculaire, accumulation de lactates…

Les experts possèdent une technique gestuelle particulièrement efficiente, leur permettant de satisfaire à moindre coût aux exigences du pédalage.

Pourtant, on ne naît pas efficient. On le devient.

De quelle manière le sportif accède-t-il à l’efficience ?
La complexité technique diminue progressivement avec l’apprentissage. Les conduites se lissent, les contractions parasites sont éliminées, les liaisons des trajectoires deviennent plus harmonieuses.
Un autre aspect important est à prendre en considération. Spontanément, le sportif opte pour la configuration motrice la plus efficiente en fonction des exigences de l’effort en train d’être réalisé.

Des adaptations spontanées

Sur ce dernier point, trois études semblent confirmer la spontanéité des adaptations motrices des cyclistes.

  • Placés sur un tapis roulant, des coureurs à pieds de haut-niveau vont adapter la longueur de leurs foulées à la vitesse qui leur est imposée sur le tapis roulant, de manière à ce que l’efficience de leur course soit optimale.
  • Le passage de la marche à la course se fait exactement au moment où la marche devient moins efficiente que la course. Le sportif adopte le mode de déplacement qui est le moins coûteux.
  • Le cycliste adopte la fréquence de pédalage correspondant à l’optimum qu’il peut obtenir du rapport entre cadence et efficience.

A ce moment de la réflexion, il paraît évident que le cycliste n’a pas besoin du « guide » du bon braquet. Il adopte spontanément celui qui correspond le mieux à la fois à son degré de technicité et au profil du terrain qu’il parcourt. Il le fait naturellement.

Mais cela ne suffit pas. Si un « guide » du bon braquet n’est pas utile,

… alors comment peut-on améliorer l’efficience ?

Le niveau d’efficience supérieur de l’expert nous indique que des progrès sont envisageables pour tous.

  • Le geste doit devenir le plus économique possible. Le souci de l’amélioration et de la stabilisation de la qualité de pédalage doit être constant. Il faut aider le cycliste à identifier progressivement les fondamentaux du geste, sa logique. L’objectif étant d’automatiser le mouvement.
  • Du point de vue de la construction de la motricité, la capacité d’automatisation s’accroit par la répétition des gestes à condition que le sportif puisse dégager de son activité suffisamment d’indices lui permettant de stabiliser sa réponse motrice (consistance de la tâche).
  • Le fait de mettre le cycliste dans des configurations de pédalage variées doit permettre d’étendre progressivement sa mémoire de réponses motrices. A condition d’en saisir les exigences, il devient capable de pédaler efficacement dans toutes sortes de situations.

Relire notre article sur le pédalage.

A propos de Laurent 86 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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