Inspiration : l’expérience de Marina Philippe pour débuter le vélo de route

Le passage d’une pratique occasionnelle du vélo à une pratique plus régulière, s’il est un objectif, reste tout de même un sacré défi. Marina Philippe nous raconte son expérience pour débuter le vélo de route, de néo-cycliste. Elle nous livre un récit touchant, entre force et faiblesse, combat contre les préjugés et détermination pour réaliser ses premiers pas de cycliste en mode sportif. 

Les débuts d’une sportive

On peut envisager 1 000 passions pour expliquer un attrait pour le vélo. Pourtant, c’est bien celle dont parle Marina Philippe qui nous touche, de celle qui conduit raisonnablement au bonheur.

Les réseaux sociaux

Nous avons rencontré Marina par l’intermédiaire d’Instagram. On y expose des photos qu’on livre à la communauté. On y raconte ses passions. Et de ce point de vue, le mur de Marina est constant : à chaque fois, de beaux montages photos mettant en évidence ses sorties sportives sans ostentation. Elle n’a pas seulement la maîtrise du selfie, elle a le mollet aussi. Elle nous explique “j’ai donc commencé par la pratique de la marche, puis du fitness pendant 2 ans.” Un peu plus tard, elle décide “de participer à un triathlon XS, à cette époque, je ne pratique que le VTT en plus du fitness, et en simple balade. Mais je décide de m’inscrire et investi dans un vélo de route fitness.

Le cadre de vie, une source d’inspiration

Elle débute sa carrière de sportive en arrivant à Thonon-les-Bains. La beauté des lieux est sûrement inspirante “J’ai commencé la pratique du sport en 2013, lorsque j’ai emménagé en Haute Savoie, étant originaire de la région parisienne. Le cadre de vie m’a donné envie d’être dehors.” Il est vrai que les espaces sont extraordinaires. Thonon-les Bains est au bord du lac Léman. L’organisation de la ville permet de pratiquer, dans d’excellentes conditions, les sports d’endurance. La course à pieds au bord du lac et le vélo sur ses pourtours. La montagne est à quelques pas. Il est possible de varier les parcours à condition d’en avoir les ressources physiques.

Le choix des sports d’endurance

Le processus est lent mais terriblement enthousiasmant. Des débuts sportifs tardifs, une pratique sportive qui se cherche. Le fitness, comme souvent, parce que c’est plus simple. Bien structuré, encadré et la satisfaction est immédiate.
Le tempérament n’est jamais très loin quand on fait le choix d’une activité physique. Les émotions, les sentiments que procurent l’activité ne reflètent, finalement, que ce que l’on est. Marina pratique successivement la marche, le VTT, la course à pieds, le trail. Elle a soif des grands espaces, de nature.

Le choix de la course à pieds

La course à pieds l’attire “une amie voyant mes performances en course à pied, me dit de m’inscrire au semi marathon de Lyon ! je lui dit qu’elle croit trop en moi, je cours depuis quelques mois seulement. Octobre 2015, six mois après mes débuts en course à pied, je fini mon premier semi marathon en 2h03, et cette course m’a vraiment permis de découvrir un réel plaisir de pratiquer le sport.” La performance est honnête d’autant plus que les 21 km de ce type de course représente un effort spécifique. Pour tous, débutants ou experts, franchir la ligne d’arrivée relève toujours du miracle. Pas du spectaculaire mais celui plus enfantin qui jette un regard incrédule sur cette distance mythique.

Le sport est-il à réserver aux élites ?

Elle fait également de la montagne, des courses, des trails. “J’ai déjà franchi une étape cet été à travers une des mes autres passions : la montagne. J’ai en effet parcouru la GTA du Léman à Menton en bivouac et complète autonomie.” La Grande Traversée des Alpes (GTA) est une randonnée XXL. Elle vit tout cela comme “une belle revanche contre certaines personnes qui m’ont souvent rabaissé, et laissé entendre que je ne valais rien dans le domaine du sport.” Si Marina tire de la force de ces commentaires, on ne peut que se révolter contre ce genre de propos qui revient à réserver le sport à une élite bien équipée. Le sport est émancipateur et c’est ainsi qu’il faut l’enseigner.

Des débuts douloureux à vélo

Marina a les pieds sur terre. Sur le vélo, la relation est moins évidente. “je chute en mars 2016 dans une descente : résultat arcade ouverte, hématome, mais rien de cassé. Je tente de reprendre, mais la confiance est perdue. Je peine et prends moins de plaisir. Je me concentre pas mal sur la course à pied et le fitness. J’enchaîne quelques courses, semi, 10 km 15 km, mais je commence à être dégoûtée de la course à pied et me tourne de plus en plus vers le vélo, en prenant sur moi pour avoir à nouveau confiance en moi et mon vélo.Malheureusement, ce n’est pas finijuin 2017 nouvelle chute à vélo, et là c’est plus grave. Fracture du radius, je suis opérée , et l’on me met une plaque dans le bras. 2 mois de kiné, et surtout un gros passage à vide qui dure quasiment 8 mois, je perd mon niveau, je ne veux plus faire de sport…”. 

De retour sur le vélo

“En avril 2018, je me relance sur le vélo. Cette fois c’est la bonne. Je pratique le home traîner pour gagner en force et en vélocité, et ces entraînements payent, je passe d’une moyenne de 23 km/h à 27,28 voire 30 km/h sur mes sorties de référence.”

Faut-il être compétitif pour faire du sport ?

Nous l’avons compris, Marina ne pratique pas la compétition pour la gloire et les podiums. Elle cherche avant tout à s’accomplir. Si elle participe à des courses, c’est surtout parce que le contexte de la compétition lui permet de se situer, de connaître l’état de sa condition physique, ses progrès.

Le choix du matériel et des accessoires

Ses progrès à vélo, elle les explique par un changement de matériel “Je fini par acheter mon vélo actuel, un Btwin Triban 520, et le changement de rythme est radical. J’apprécie vraiment de rouler avec, c’est plus fluide, plus simple, un vrai bonheur.” Pourtant, les esprits chagrins ne sont jamais très loin “On me prévient “attention tu feras jamais du 30 km/h avec ce genre de vélo”. Je n’y crois pas, pour moi, la machine aide, mais c’est surtout l’entraînement et la détermination qui payent, et j’en suis la preuve car j’ai réussi à atteindre ces fameux 30 km/h”. Les questions matérielles sont centrales quand on veut faire du vélo. Pour le Fitness, le legging suffit comme la paire de basket est essentielle pour la course à pieds. Pour le cyclisme, il faut un vélo et des tenues adaptées. Il s’agit sûrement d’un frein important dans l’accès à ce sport. Le choix du matériel et des accessoires influencent la qualité de la pratique et donc la poursuite de ce sport.

En dehors des clubs

Elle nous explique “Je ne suis inscrite dans aucun club, je m’entraîne principalement au plaisir, avec parfois des séances plus spécifiques pour progresser. A vélo, j’essaie d’alterner les sorties en montagne et les sorties vitesse, c’est ce qui me semble , pour ma progression, le plus efficace. Mais il est très probable que je rejoigne un club de triathlon pour m’aider dans la préparation de mon 70.3.
En effet elle a décidé “ de m’inscrire enfin pour ce Ironman 70.3 et j’envisage de participer à une cyclosportive pour savoir ce que c’est de rouler en compétition.” Elle en fait un enjeu  à la fois physique et psychologique “ pour moi passer la ligne d’arrivée du 70.3 sera une belle revanche face à certaines personnes qui m’ont souvent rabaissée, et laisser entendre que je ne valais rien dans le domaine du sport.

Trouver sans cesse des motivations

Elle a conscience que le chemin est long “ J’ai repris la course à pied de manière vraiment assidue en août, j’avoue que le plaisir à du mal à revenir, mais je ne lâche pas. Et puis après une bonne séance, je suis quand même bien contente de l’avoir fait, et vive les endorphines ! Ma distance préférée en course à pied reste le semi, j’aime participer à des courses officielles sur cette distance, c’est à la fois difficile mais quand même accessible comme distance, et moins violent que des 10 km ou il faut vraiment envoyer, oui j’aime aussi me la couler douce

Un point noir :  la natation

Et la natation “ cela reste ma bête noire. Je n’ai jamais pris de cours, donc je nage la brasse, très bien même, mais le crawl me semble si difficile. J’ai déjà tenté d’apprendre à plusieurs reprises, mais j’ai du mal à prendre du plaisir. Mais il va falloir s’y mettre sérieusement d’où la possible inscription en club de tri.

Ecrire sa propre histoire

Marina Philippe fait partie de ces nombreuses sportives qui découvrent la passion du sport sur le tard. L’histoire est ainsi. Elle montre cependant que son écriture n’est pas figée. Chacun peut prendre son destin en main. Le sport n’est pas que compétition et défi. C’est surtout un récit que chacun écrit à sa manière.
Dans son sens le plus ancien, la passion désigne “l’état de celui qui subit” les pulsions instinctives, émotionnelles et primitives. Stoïque, Marina choisit de maîtriser ces pulsions pour en faire un objet lui permettant de vivre le sport “plus haut, plus vite et plus fort”.

C’est elle qui conclut “j’ai reçu des tacles, mais je me bats pour arriver à obtenir ce que je veux, et vivre des expériences incroyables à travers le sport. Le sport m’a forgé un caractère de battante, et je ne cesse de rêver à de nouveaux défis ! Pourquoi pas un Ironman en 2020”.

A propos de Laurent 86 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

3 Comments

  1. Coucou, merci pour cette article qui a été très agréable à lire. Après m’être cherché dans le sport, le vélo est vraiment devenu quelque chose pour lequel je prend réel plaisir, mais je vois que la chute peut être facteur de baisse de confiance. Étant moi-même débutante dans le vélo c’est tout de même quelque chose que j’appréhende beaucoup.

    • Bonjour Mélissa. Merci pour votre commentaire. Dans un article sur le site (http://kacycling.com/4-pistes-pour-favoriser-le-developpement-du-cyclisme-feminin/) nous faisions la réflexion que la qualité de la première expérience était essentielle pour poursuivre l’activité. Chûtes et insécurité sur le vélo pèsent lourdement quand on débute tardivement. Et pourtant, je suis persuadé qu’il est possible de proposer des pistes pour sécuriser les néo-pratiquants. Sujet à travailler…

    • Bonjour Mélissa,
      Bravo pour tes débuts dans le monde du cyclisme féminin !
      Certes tomber fait partie des risques de ce sport, tout comme se faire une entorse en courant.
      Mais il faut rester positif, le vélo est un sport qui nous fait vivre des temps forts, et même si j’ai subit des chutes, j’ai puisé dans mes ressources afin de revenir plus forte et motivée, alors garde confiance !

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