La Châtel Chablais Léman Race 2019

La Châtel Chablais Léman Race 2019 est une cyclosportive alpestre originale. En effet, il n’est pas obligatoire d’être un excellent grimpeur pour y participer. Bien au contraire, elle s’offre à un cycliste capable à la fois de rouler, de soutenir des changements d’intensité et de grimper. Un cycliste polyvalent en quelque sorte. Les paysages sont fantastiques et l’accueil promet d’être excellent.

Le site de la “Châtel-Chablais-Léman Race 2019

Lorsqu’on nous a proposé des dossards pour cette nouvelle cyclosportive, notre participation était comme une évidence.
Tamara, la fondatrice de “Femme & Cycliste – Kacycling”, a débuté le cyclisme sur le plateau de Gavot, tout proche. Le “pas de Morgin” fut son premier col à vélo. C’est, aussi, une occasion d’y retrouver une amie impliquée dans le milieu du cyclisme.

Manuela Freund est également sur la “start list”. En 2016, elles étaient, toutes deux co-équipières au sein de la “Team Green’n fit”. Une équipe Allemande de cyclistes amateurs participants au difficile circuit des épreuves cyclosportives de la “German Cycling Cup“.

Manuela a participé à la “Grande Boucle Féminine” en 1994 au sein de l’équipe Allemande. Aujourd’hui, elle roule à vélo pour le plaisir. Ce qui ne l’empêche pas de remporter le classement général de la “German Cycling Cup” en 2016 et de terminer régulièrement au sommet des classements des plus belles épreuves cyclosportives Européennes.

Châtel et le cyclisme

Pour arriver à Châtel, il faut aller au fond de la vallée et trouver enfin ce village à flanc de montagne. Plus que quelques kilomètres et deux lacets en épingle plus loin, on se retrouve en Suisse, par le Pas de Morgin.
Découvrir le site de Châtel.

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Une longue histoire

Châtel est une station de ski qui aime le cyclisme. Ou plutôt, le cyclisme lui va bien. Ville étape du Tour de Romandie, du Dauphiné Libéré, elle accueille également les équipes professionnelles pour des stages de préparation du Tour de France.
Du 28 au 30 juin 2019, la station accueille le salon du VTT des Passportes du soleil 2019. En savoir plus “Les Passportes du soleil 2019

Châtel était la ville d’arrivée du contre-la-montre (étape 18, 40 kilomètres) entre “Morzine-Châtel” du Tour de France 1975. Bernard Thévenet conservait le maillot jaune, Eddy Merckx ne lui reprenait qu’un peu de temps, pas suffisamment pour s’imposer ; pendant ce temps là, Lucien Van Impe devançait tous les autres pour la victoire d’un grimpeur.

L’organisation

Sébastien Médan, le Directeur Général de l’organisation, a deux adjectifs pour décrire la cyclosportive : un circuit exceptionnel pour un lieu extraordinaire. Il en connaît un rayon, lui qui fut cycliste professionnel, avant d’entamer sa reconversion au sein du groupe Danone.

Greg Lemond, parrain de l’épreuve

C’est un honneur pour une cyclosportive de bénéficier du soutien de Greg Lemond. Trois fois vainqueur du Tour de France et double champion du monde. Le premier et le seul Américain a avoir remporté la grande boucle.

Le circuit qu’il faut faire

Tout cycliste, qu’il se trouve à Evian-Les-Bains, à Châtel ou à proximité n’a qu’une seule envie, celle de faire ce grand tour, tout autour de ce massif montagneux qui sépare la France de la Suisse, du Valais au Chablais. Déjà au moyen-âge, pèlerins, artisans parcouraient ces chemins. Il y a donc du symbolique dans ce circuit. Ce qui devrait en faire une étape incontournable des cyclosportives à l’avenir.

Le 14 juillet 2019

Le 14 juillet, les parcours de “La Chatel Chablais Léman Race 2019” empruntent la vallée dans le sens contraire du contre-la-montre de 1975.

  • Le grand parcours : 146 km et 2 500 m D+
  • Le petit circuit : 60 km et 1 600 m D+

Le parcours

Le grand parcours de “La Châtel Chablais Léman Race” emprunte tous les espaces et territoires significatifs de la région de Châtel.

Une longue descente

Tout d’abord, le départ se situe en bas du village ce qui devrait permettre d’étirer d’emblée le peloton tout au long de la montée permettant d’accéder au centre du village.

Les 15 kilomètres suivants se font en descente le long de la Dranse d’Abondance. Le faux-plat est descendant ; il permet de maintenir une très grande vitesse parce qu’on est sans cesse en prise. Même si cette portion en légère descente semble facile, il faut conserver son attention. Grisé par la vitesse et par l’énergie procurée par un peloton lancé à vive allure, le cycliste doit être prudent sur une chaussée, parfois, abîmée.

Savoir choisir le bon braquet

Ceux qui choisiront un 52 dents à l’avant seront avantagés car ce grand plateau permettra de conserver une fréquence de pédalage suffisamment efficace pour envoyer la puissance nécessaire dans cette longue descente.  Il faut rester concentré sur son effort, ne pas s’emballer dans les magnifiques lignes droites après le village d’Abondance.

Savoir changer d’intensité

C’est au détour d’un virage que la physionomie du terrain change brutalement. A cet endroit, le lieu-dit “La solitude” porte bien son nom. De tout à droite, il faut soudain passer à tout à gauche. Et se retrouver seul, sa machine à l’assaut du terrain. Alors qu’au cours des 500 derniers mètres le GPS indiquait une pente négative à 8%, soudain, elle s’incline dans l’autre sens avec des passages à 16% dans les 500 mètres suivants.

Le cycliste doit adapter son organisme aux caractéristiques du terrain : réagir à la dette d’oxygène provoquée par le changement d’intensité de l’effort et adapter le pédalage aux nécessités de la pente. Les cyclistes expérimentés passeront en 36 à l’avant et les autres en 34. Il vaut mieux être prudent pour se donner les moyens d’encaisser ces changements brutaux. A ce moment, les cyclistes expérimentés se découvrent. Les autres se laissent griser par la folle descente précédente, entamer la montée dans l’élan et exploser dans le kilomètre suivant, dette d’oxygène accentuée par une montée d’acide lactique.

Le col du Corbier : court mais intense

La montée du col du Corbier par Bonnevaux est spectaculaire car la vue est dégagée. Même si on veut rester concentré sur son effort, on ne peut pas s’empêcher de regarder plus haut, les lignes droites et les lacets qui mènent au sommet, près de 6 kilomètres à 7,1% tout de même. Avant d’arriver au sommet, on passe devant “Notre-Dame des sept Douleurs“, ce qui en dit assez long sur l’état de cette montée.

Par les gorges du pont du diable

Il faut rester concentré dans la descente à  la fois technique et rapide. Au village de “Le Biot”, on se prépare à une sacré partie de manivelles. Plus de 15 kilomètres de faux-plats descendants le long de la “Dranse de Morzine” à travers les gorges du pont du diable. Encore une fois, un bon 52 dents s’avère utile pour emmener suffisamment de puissance dans la descente sans s’épuiser. La fameuse “économie du geste”.
Encore une fois, il faut rester prudent car certains virages pris à grande vitesse peuvent surprendre.

Le plan Fayet

Encore une fois, le parcours est surprenant. Le plat-fayet créé une rupture dans le rythme, 3,6 kilomètres à 7%. La montée est très exigeante, on s’en doute, mais elle est terriblement spectaculaire, un à-pic rocheux.

Cette montée est le plus court chemin pour accéder au plateau de Gavot. Et l’organisateur a bien compris qu’on ne pouvait pas passer dans le Chablais sans monter sur ce plateau.

Le plateau de Gavot

On y trouve l’impluvium, une surface de 35 km² constitués majoritairement de forêts et de prairies naturelles qui stockent pluies et neiges, les filtrent lentement pour que l’eau deviennent en 15 ans la célèbre eau minérale d’Evian. D’ailleurs, on y va rapidement à Evian-Les-Bains par la descente de la route de Champange. On ne peut que lever les yeux et voir le Lac Léman étendant fièrement ses eaux vers la Suisse, Lausanne en face.

Vue sur le lac Léman depuis le site ornithologique du Hucel

La route du bord du lac Léman

C’est par le bord du lac qu’on va franchir la frontière, à Saint-Gingolph. La route est droite et plate. Elle est usante car se succèdent de légers faux-plats qui exigent d’être sans cesse en prise. Il vaut mieux être en groupe à ce moment là pour maintenir une bonne vitesse

Le passage de la “porte du Scex” va à peine ralentir la progression des pelotons. A cet endroit, on traverse le Rhône pour emprunter la piste cyclable qui le longe. On passe devant le vélodrome de l’UCI. Il n’y a aucune difficulté jusqu’à Monthey. Tout juste faut-il être capable de maintenir une intensité régulière. La meilleure place est au sein d’un groupe.

Un final époustouflant

Ces longues portions de routes plates entament l’endurance d’autant plus qu’elles sont parcourues rapidement. Il faut se préserver avant d’entamer la montée vers Champéry et le pas de Morgin par la route forestière.

Cette cyclosportive a tous les atouts pour devenir une course de référence. Montagneuse à souhait, roulante comme il le faut.
La montée du col du Corbier est chronométrée et fait l’objet d’un classement exclusivement réservé aux femmes.

A propos de Laurent 86 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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