La Transmaurienne-Vanoise : aller au bout de l’effort

S’il fallait le montrer, La Transmaurienne-Vanoise est une course VTT éprouvante, parmi les plus difficiles en France. Cette année, la canicule est l’invité surprise qui va peser sur la course, en général, sur les organismes des participants, en particulier. Laura Winkel, inscrite sur “la 6 000”, nous fait le récit de sa course.

Encore une fois, son récit est complet. Il permet de comprendre que la pratique du vélo ne s’improvise pas. Plus l’effort est exigeant, plus la préparation doit être sérieuse.
On peut retrouver la présentation de La Transmaurienne-Vanoise 2018.

Les femmes à La Transmaurienne-Vanoise

  • Sur “la 9 000”, il y a 15 femmes sur 213 inscrits soit 7 %.
  • Sur “la 6 000”, il y a 7 femmes sur 63 inscrits soit 11%.

Le récit de Laura Winkel

Arrivée dimanche avec les copains dans le parc national de la Vanoise avec un ciel bleu et un grand soleil. Il est l’heure de récupérer le dossard donnant accès à 5 jours de course dans un cadre exceptionnel. Belle surprise, en cadeau on reçoit tous un pull vraiment sympa floqué Transmaurienne-Vanoise (bien qu’il fasse plus de 30 degrés).

Etape n°1 : le ton est donné

Lundi 12 heures, les choses sérieuses commencent à La Transmaurienne-vanoise avec un premier départ depuis Aussois. Engagée sur le parcours des 6000, je pars pour cette première journée sur un boucle de 39 km pour 1 400 m de d+. 

La première descente est technique, le sol est très sec et fuyant. L’adhérence est difficile à trouver. Tout ça est beaucoup trop crispé… Il va falloir se détendre. Les épingles s’enchaînent et la pente est raide.

Passé le fort Victor Emmanuel, la deuxième partie de la descente est plus sympa, je reprends confiance et enchaîne les passages. La fin de la descente se ponctue par la traversé d’un fort par le souterrain, guidé uniquement par un fil d’Ariane. S’ensuit une montée longue de 9 km, roulante au début puis plus étroite.

Il fait très chaud à La Transmaurienne-Vanoise et je commence à regretter d’être partie sans camelback… La descente qui nous fait revenir dans la vallée est très belle, quelques passages se font à pied mais, dans l’ensemble, j’essaye d’assurer et de passer proprement.

Le passage à Termignon nous fait rebasculer sur l’autre versant. Il reste environ 8 km. Un passage sur macadam est vraiment difficile, on se prend un coup de chaud assommant. La remontée sur Aussois n’en finit pas, mais enfin nous passons sur la piste du monolithe et le village d’arrivée est en vu. Une dernière montée raide en ville et cette première étape est bouclée en 3 h 57.

Etape n°2 : l’enfer, le vrai

L’étape la plus longue.
[Note à moi même : passer plus de temps à analyser le profil.]
Pour ce qui est de la première montée et ses 10 km pour près de 900 m de d+, je l’avais bien repérée.

On lâche les freins

Après un départ plutôt tranquille sur route, je change de rythme une fois sur le chemin large. J’ai la 2ème dame en ligne de mire quand un train du Grand Est me rejoint. Ils sont tous là les copains, ils m’encouragent tous et ça, ça fait du bien au mental.
Au point où je décide de tenter de tenir leur rythme pour revenir sur ma concurrente. Et ça le fait effectivement. Les jambes sont là et je maintiens l’effort jusqu’en haut. Là encore coup de boost au moral quand toute la famille Hebting (que j’ai captée très tard) m’encourage avant d’attaquer la descente du barrage.

Descente très sympa à la La Transmaurienne-Vanoise qui nous emmène sur un ravito où il n’y a pas d’eau !!!!! Je ne veux pas perdre le contact et décide donc de repartir avec un bidon rempli qu’au 3/4 avec le fin fond de ce qui restait au stand. Et là je me dis à nouveau « pourquoi ne pas avoir pris de camelback !!! ».

Séance de portage

Après avoir contourné le lac par un single cassant, c’est là que tout se complique. « allez, bon courage, le portage de 300 m c’est maintenant », le quoi ? Le portage ? 300 m de distance ? non non de d+ !!!!
Un enfer de près d’une heure à pousser et porter le vélo, des passages vertigineux se rapprochant fortement d’une via ferrata.
Je craque complet… j’ai plus de forces, plus d’eau. C’est dur pour tout le monde. On essaye de s’entraider mais parfois le self-control n’est plus là… on ne voit pas le sommet, bien qu’on finira tout de même par y arriver…

En haut c’est un moment de bonheur quand des promeneurs nous laissent terminer leurs bouteilles d’eau. Tout le monde s’était dit qu’après une montée pareil, la descente ne pouvait qu’être plaisante.

Quand descendre devient une épreuve

Et non… c’est un véritable chantier sur la première partie. Des marches énormes, de la grosse caillasse… il faut prendre son mal en patience et encore marcher. Mes pieds me font mal et me brûlent (j’ai vraiment pas les chaussures adaptées pour crapahuter). Et après avoir pu refaire un peu de vélo (on était là pour ça à la base), ce n’est pas fini. Un nouveau mur se dresse devant nous. J’en peux plus, je ne sais pas comment je vais trouver la force d’arriver en haut. Point classement, le beau rythme de la première monté n’aura pas servi à grand chose. Je me fais doubler encore et encore.

Les muscles mis à rude épreuve

Le deuxième ravito est enfin en approche. Je m’arrête vraiment longtemps, il faut se réhydrater car ce n’est pas fini. La première partie de la descente sur Modane se passe bien, c’est agréable de rouler et d’avoir un peu d’air. Mais je vais très vite me faire rattraper par des douleurs dans les avant-bras qui rendent la tenue du vélo difficile. Le niveau de lucidité n’est pas loin de 0 et je décide de rester prudente en enchaînant partie à pied et partie sur le vélo. Les freins chauffent et la pente se fait raide.

Coup de chaud à La Transmaurienne-Vanoise

Modane enfin, « plus qu’une » monté pour revenir à Aussois mais quelle montée ! 6 km en plein soleil au milieu de champs d’herbe complètement cramés. Le GPS relèvera dans cette partie un pic de température à 40 degrés. On est tous dans le dur, les pauses de quelques secondes dans un coin ombragé se font de plus en plus nombreuses. Les roues reposent enfin sur le macadam.
Le village est en vu, cette fois c’est vraiment fini. Les derniers coups de pédales jusqu’à la ligne, puis plus rien.

Que le temps est long

Je m’écroule au sol et prends quelques minutes pour retrouver des forces. Cette étape a été une souffrance longue de 6 h 30 pour 42 km… je vous laisse faire le calcul de la moyenne… pour avoir fait plusieurs étapes marathon, celle-ci était pour moi la plus difficile de toutes celles faites auparavant.
Une lutte contre soi même pendant de longues heures et un mental mis à rudes épreuves. Mais il faudra vite retrouver des forces pour repartir le lendemain…

Etape n°3 – XCO explosif !

Avant de parler de la course, j’ai eu la mauvaise surprise la veille au soir de me retrouver avec un frein arrière HS. Après plusieurs tentatives de réparation, rien ni fait. Le levier reste appuyé contre la poignée et rien ne se passe.
Pleins de questions se bousculent alors… comment je vais faire demain, est ce que ça sera réparable ? Et si je devais abandonner après cette étape de dingue sur problème mécanique ? Le nuit est donc difficile…

Solidarité dans le paddock

A 8 h je décide de me rendre sur le point assistance de la course. Le mécano jette un œil au problème et ne semble ne pas avoir trop d’explications à me donner ni de solutions. Si ce n’est le prêt de son VTT personnel pour que je puisse participer au XCO de 10 h. id

Quand les commissaires se trompent

Je m’engage donc sur ce format explosif sur une monture qui n’est pas la mienne sans avoir eu le temps de faire une réelle reconnaissance. Le départ est donné, on doit partir sur 3 tours, sauf si le premier nous rattrape avant la fin du 2ème tour où dans ce cas nous serons arrêtés. Je pars donc dans ma tête pour 2 tours à bloc. Sauf qu’après un peu plus d’un tour la course est neutralisée. La tête de course a fait une erreur de parcours. Les arbitres prennent la décision de nous renvoyer sur un deuxième start pour ne pas pénaliser les premiers. Cela change tout, je vais donc bien avoir mon 3ème tour à faire…

Quand c’est court, c’est pas plus mal

Et c’est donc reparti pour un deuxième start. Pour le coup je suis bien échauffée. Et les jambes sont toujours là, je ne lâche rien. Au début du 3ème tour commence une belle bagarre pour la 3ème place. Je mets du rythme et n’hésite pas à relancer, la gestion ça sera pour plus tard. Et ça le fait ! Je finis donc 3ème de ce format XCO qui casse la dynamique marathon des premiers jours.
Cela ne change pas grand chose au classement général où je reste 4ème. Mais pour le moral c’est vraiment un plus. Les jambes sont là, espérons qu’elles le seront encore demain et vendredi. Et bonne nouvelle, le vélo est réparé ! 

2 étapes, encore, il va falloir être forte

L’aprem, rien de tel qu’une récup au torrent pour repartir le mieux possible demain.
Merci à tous pour vos messages de soutien. Une mention spéciale pour la famille Hebting et au coach aux petits soins avec moi toute cette semaine. Merci aussi à la famille du VTT du Grand Est pour vos encouragements !
Pour enchaîner tout ça et survivre avec cette chaleur, rien de tel qu’une bonne hydratation et alimentation grâce à la gamme proposée par Nutri-Bay.com

A propos de Laurent 85 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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