Le Raid Vauban de Laura Winkel

Laura Winkel continue à nous raconter ses aventures de vététiste sur les plus beaux parcours de France et d’Europe. Le 9 juin, elle était au Raid Vauban à Ceillac, dans le Queyras.

Découvrir le Raid Vauban 2019 sur le site internet de l’organisateur

Et pour vous faire saliver en attendant 2020, la vidéo de 2019.

Découvrir le Raid Vauban

L’ensemble de l’événement se déroule au coeur du parc régional du Queyras. Les départs et arrivées se situent dans la place forte de Montdauphin.

La place forte de Montdauphin

La place forte de Mont-Dauphin construite par Vauban à partir de 1693 fait partie des 12 sites majeurs Vauban inscrits en 2008 au patrimoine Mondiale de l’UNESCO. Derrière ses remparts en marbre rose, vous verrez les casernes où vivaient les soldats de Louis XIV, les échauguettes sur l’à-pic où ils veillaient, la poudrière, l’arsenal où ils gardaient armes et poudre.

Vous trouverez aussi un village insolite où 170 habitants vivent, comme tout le monde, mais dans un cadre extraordinaire de soleil méridional, de neige éblouissante, de silence et de pierres chargées d’histoire. Du rempart, on comprend pourquoi la place forte est installée à cet endroit. Elle domine les montagnes du Queyras aux mille randonnées, les stations de ski de Vars et Risoul, les glaciers des 4.000m du massif des Ecrins.

La course

« Le Raid Vauban » est un parcours de 70 km (2 800 D+) réservé aux pratiquants de VTT expérimentés, du fait de l’engagement physique et des difficultés techniques du tracé.
Il y a aussi un Raid de 45 km (1 800 D+) et un autre de 20 km qu’on peut parcourir en versions chronométrée ou randonnée.

Découvrir les parcours sur le site de l’organisateur.

La course de Laura

Vendredi après un long voyage, nous voilà au complet avec la fine équipe ! Le soleil est là et le décor est magnifique. Que ça fait du bien de retrouver les sommets !


A peine arrivé, on saute sur les vélos et on part explorer la première boucle des garçons. La descente donne déjà le ton, ok il va falloir lâcher les freins et débrancher le cerveau.

Le samedi c’est tourisme

Le samedi, après un petit atelier mécanique (merci les mécanos), le vélo tourne comme une horloge. Un petit tour d’une heure histoire de débloquer un peu, profiter des paysages et en prendre pleins les yeux. L’après-midi, une visite en altitude bien sympa de Saint Véran, le plus haut village d’Europe.

Juin, mais une météo capricieuse

Dimanche, place aux choses sérieuses. À 3h30, je suis réveillé par l’orage et la pluie qui tombent à seaux sur le velux. Plus moyen de dormir… tout ça m’inquiète un peu. Dans quel état va t-on retrouver le circuit ?

Arrivée à 8h30 à Mont-Dauphin au milieu des fortifications Vauban , c’est l’heure de se préparer pour le départ. Il ne pleut plus mais le ciel est très menaçant. Difficile de savoir comment s’habiller.

Un début de course pour se situer

9h25, en place pour le départ. Je trouve qu’il n’y a pas grand monde et très peu de filles. Sûrement des désistement de dernière minute avec cette météo capricieuse.

9h30 c’est parti, d’abord un départ fictif puis le ton est donné dans la première bosse. 
Je me force à rester avec la première et la deuxième un maximum, mais si je continue comme ça je vais me cramer c’est sûre. Je lâche le groupe et les laisse partir. Je suis alors rejoint par la 4eme. Je garde un bon rythme et n’hésite pas à mettre quelques accélérations pour savoir à qui j’ai à faire. Elle s’accroche et prend un relais. Après 600m de d+ en même pas 5 km je reprend ma place dans la première descente. Une merveille !
Un enchaînement d’épingles dans une belle sapinière. Un peu crispée au début, le bas de la descente se fait avec plus de fluidité. Mais une fois en bas j’ai quand même bien mal aux bras.

Et puis, il faut remonter

Je décide de ne pas m’arrêter au premier ravito et j’enchaîne avec la seconde montée. On commence d’abord par un petit single à flan de falaise assez grisant. Au point où j’oublie de prêter attention aux balises…Après quelques centaines de mètres, je me rend compte que ça fait un moment que j’en ai pas vu, personne devant, personne derrière. J’ai un doute . Mais en même temps y avait pas 15 000 solutions.. c’est bien la bonne trace. 
La pente se fait de plus en plus raide, on enchaîne des épingles assez serrées. A chacune d’elles je lutte pour rester sur le vélo, et je me dis « aller encore une ». Au final sur 12 épingles, je poserai quand même le pied dans la 11eme…

Sous la menace de l’orage

La montée continue sur un chemin de 4×4. Je pense monter à un bon rythme, mais ce n’est pas suffisant, la 4eme revient à nouveau. Cette fois je n’arrive pas à la tenir. A ce moment les conditions météo se dégradent sévèrement. L’orage gronde fort sur la montagne d’en face. Je vois un éclair et je compte jusqu’à 9, je me dis ça va il est loin. Puis deuxième éclair, je compte 1, 2… un grondement à faire trembler les marmottes ! Je suis en plein dedans. Il s’agit de pas traîner. 

Séquence de pilotage

S’ensuit une belle traversée bien exposée, il faut être précis et surtout ne pas regarder à gauche. Le début de la descente suivante est assez engagé avec beaucoup de cailloux humides. Il faut rester lucide. Ce qui n’est pas le cas d’un mec derrière moi qui passe du niveau supérieur au niveau inférieur sans passer par l’épingle. J’assure doucement, les bras font mal, les freins chauffent bien. 

De surprises en surprises

Une fois en bas surprise, il faut traverser un torrent sur petite planche sur 8 mètres et 20 cm de large à 1 m 50 de l’eau sans rambardes ni à droite ni à gauche. Heureusement j’ai eu le droit à un petit coup de pouce extérieur à cet endroit.

Il reste sur le profil une montée. Mais avant d’y arriver il faut faire preuve de talent d’équilibriste. Du gaz à droite, un fossé d’un mètre à gauche, une murette escarpée pas très large. Je le sens pas et préfère passer à pied. Mais c’est long dis donc ! Je perd un temps fou.
Le chemin est un peu plus fluide ensuite. Et je revient denouveau dans le jeu pour la 3eme place ! Je verrouille le cerveau, la douleur c’est dans la tête. Et j’appuie fort sur les pédales.

Après quelques pétards bien raides et une longue relance sur macadam arrive la dernière descente. Je suis devant et je compte ne rien lâcher sauf les freins 🤪. La descente passe super bien. C’est beaucoup plus fluide qu’au début.

Dernière montée pour rejoindre le fort, elle n’était pas sur le profil celle là mais je m’en doutais bien qu’il faudrait retourner la haut. Je donne tout ce qu’il me reste. Je croise les copains en bas qui me confirment bien la 3eme place. Il reste 150m de d+ et quelques km. Je ne me retourne pas et file vers l’arrivée. Je passe la ligne après 4h36 de course, 41km et 1820m de d+.

Une reprise à la montagne qui fait vraiment du bien. Encore du travail pour préparer les prochaines échéances mais on est sur le bon chemin.

Pour ce qui est des copains, le 70km s’est vu bien raccourci suite aux conditions météo. Après 56km, ils en terminent « déjà ». C’est bien trop court pour les machines, mais on notera quand même la 21ème place de Robin au scratch et la 3eme place de Marc dans sa caté.

A propos de Laurent 79 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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