Les exercices d’hypervélocité

Ce qui pose problème dans l’exercice d’hypervélocité, c’est la perte de contrôle du pédalage  durant une partie du mouvement. La priorité quand on pédale – qui plus est, quand on veut apprendre à pédaler correctement –  est de maîtriser à tout moment la force qu’on applique sur les pédales.

voir l’article “Une révolution dans le tour de pédale
voir l’article “l’exercice de l’unijambiste est-il vraiment utile ?

En quoi consistent les exercices d’hypervélocité ?

En rappel, l’exercice du pédalage en hypervélocité consiste à accélérer progressivement la fréquence de pédalage jusqu’à un rythme très rapide, au delà de 100 rotations par minute (RPM). Ce mouvement rapide n’est rendu possible qu’à partir du moment où la résistance est faible et la durée courte.

L’efficacité du geste diminue quand la cadence augmente

Tout d’abord, il faut savoir que l’habileté à diriger la force de manière optimale diminue lorsque la cadence augmente.
Cela s’explique principalement par la difficulté du cycliste à contrôler l’action de la pédale qui remonte. A partir d’un angle de manivelle de 180°, la force freinatrice provenant du poids du membre qui remonte s’oppose au mouvement circulaire de la manivelle.  A des RPM de 100 à 120, cette force peut avoisiner 25% de la force utile pour effectuer la poussée de la pédale. Dans ces conditions, le membre qui pousse doit produire un niveau de force supplémentaire.

Pourquoi une force résistante ?

L’apparition de cette force résistante aurait pour origine l’incapacité du muscle à se contracter et à se relâcher assez rapidement. A 120 RPM, une rotation de manivelle est effectuée en 500 ms. La phase de remontée dure environ 250 ms. Cependant, pour que l’action des muscles engagés dans la remontée de la pédale soit complète, le quadriceps responsable de la poussée doit être relâché. Cependant, à cette vitesse de rotation, son temps de relâchement est de 103 ms. Cette durée correspond à un angle de 72° durant laquelle le cycliste est incapable d’avoir une traction sur la pédale. Plus la fréquence de pédalage augmente, plus le temps « mort » est important rendant l’exercice inutile pour améliorer le pédalage.

La détérioration du contrôle moteur

Paradoxalement, alors qu’on vise, par cet exercice, à améliorer les conditions d’activation musculaire et de contrôle moteur, on crée un mécanisme qui va à l’encontre de l’efficacité du geste.

La maîtrise du pédalage repose à la fois sur une gestuelle précise et une pratique intensive, répétitive de ce mouvement. L’introduction de la variable « hyper-vélocité » vient perturber inutilement le pédalage d’autant plus que les fréquences de pédalage très rapides ne sont quasiment jamais utilisées en situation réelle.

La mise en jeu des fibres musculaires rapides

En outre, cet exercice de création de vitesse met en jeu, en priorité, des fibres musculaires rapides (Fast twitch à FT). Ce type de fibres est très peu mobilisé durant un effort en endurance. Encore une fois, le pédalage en « hyper-vélocité » mobilise des ressources qui ne servent pas – ou très peu –  en situation de pédalage réel.

A propos de Laurent 86 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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