Les roses des Pyrénées

Dans les Hautes-Pyrénées, on a décidé d’agir concrètement pour développer la pratique du vélo par les femmes. Les Roses des Pyrénées, ce sont 18 femmes, néo-cyclistes, qui vont se frotter aux plus hauts sommets des Pyrénées. Un pari : une pratique régulière et soutenue du vélo.

La simple formulation “promotion du cyclisme auprès des femmes” n’est pas suffisante pour rendre compte d’un mouvement qui point à peine.

Donner un sens à la pratique sportive

  • Tout d’abord, le terme “promotion” est ambivalent car il renvoie au domaine du commerce et de la vente.
  • Il faut aussi s’interroger sur le sens de “cyclisme” qui peut prêter à confusion tant le champ est multidisciplinaire et les styles de pratique sont variés. Parler de cyclisme est réducteur.
  • Il en est de même pour la place des femmes dans le “cyclisme”. C’est un sport qui est difficile à pratiquer pour tout le monde. En quoi est-il légitime de valoriser le vélo pour les femmes plutôt que la boxe ou le cross-fit ?

Le discours autour du sport

Georges Vigarello est l’un des plus fameux historien du sport. Il est spécialiste du corps sportif.
Dans cette interview , il nous aide à y voir plus clair sur la notion de sport.

Livres & vous, le plaisir du sport pour l’historien Georges Vigarello

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Le plaisir est-il suffisant ?

Si, au début, l’apparence, la force, le muscle priment, le sport moderne évolue vers un plus grand contrôle de son activité sportive. Amélioration de la santé, meilleur contrôle du geste cèdent le pas, progressivement, à une vision hédoniste de la pratique sportive. On parle ainsi de plaisir.

Vers une vision intégrative du sport

Mais en ce début de siècle, une nouvelle tendance se dessine. Une vision intégrative, il n’est plus seulement question d’un corps optimisé pour se satisfaire. Le corps en forme devient un média pour se maintenir en phase avec la nature et être en capacité de maîtriser sa place dans l’environnement. Course à pieds longue distance, trails, triathlons XL trouvent une place de plus en plus importante auprès des sportifs hommes et femmes.
Par exemple, sur certains trails, le nombre de femmes atteint plus de 40% des inscrits.

Sortir de cette idée de “promotion”

En posant la question en ces termes, on sort de l’expression stérile et réductrice “promotion du cyclisme auprès des femmes” n’offrant qu’une option commerciale au “cyclisme”, générant de la discrimination en opposant cyclistes hommes et femmes. Un nouvel espace est à ouvrir dans lequel hommes et femmes pratiquent ensemble, égalité et mixité, sans discrimination.

La naissance d’un projet

On ne sait pas si Marie-José Gervais, une cycliste ex-professionnelle, fondatrice des “défis du parc”, une manifestation sportive d’envergure à Québec, a pensé à tout cela. Elle a fait, néanmoins, le constat que 95% des participants à cette manifestation étaient des hommes.
Elle ne s’est pas arrêtée aux constats.
[Lien vers le site des défis du Parc]

Les Roses du Québec

Elle a eu l’idée de créer, en 2012, avec Chantal Guimont, un médecin, un mouvement pour encourager la pratique sportive féminine. Ainsi sont nées “Les Roses du Québec”.
[Lien vers le site des Roses du Québec]

Accompagner la pratique

Chaque année, des femmes volontaires sont sélectionnées. Elles intègrent l’équipe des “Roses”. Durant 9 mois, elles bénéficient d’un encadrement individualisé dans le but de participer à un un triathlon ou un duathlon au mois de septembre au cours des “défis du parc”. Elles reçoivent, pour cela, les conseils des entraîneurs, des encadreurs, des spécialistes de la santé mais aussi du soutien des anciennes participantes (les mentores).

1 000 néo-cyclistes

En 2012, elles étaient 35. Maintenant, chaque année, elles sont 200 (de 16 à 67 ans) à intégrer le programme. Depuis 6 ans, le mouvement a aidé près de 1 000 femmes à retrouver le chemin de  l’activité physique.

Démocratiser la pratique du vélo

Voilà ce que dit Marie-José Gervais “La démocratisation de l’activité physique, je pense que c’est ce qui me réjouit le plus. Maintenant, il y a des femmes qui participent, qui ne sont plus intimidées par le parcours du parc de la Mauricie. Il y a des enfants qui se sont joints à la course à pied. Ça fait qu’il y a de plus en plus de gens de tous les âges ».

Les Roses des Pyrénées

Ensemble, elles ont choisi de développer un mouvement similaire dans les Hautes-Pyrénées : “Les Roses des Pyrénées”.

Comment le projet est-il arrivé en France

C’est peut être le hasard qui est au début de l’aventure. Le hasard des rencontres et le sentiment qu’il est possible de faire quelque chose ensemble.
A l’occasion d’un séjour en France, la participation à la cyclosportive “La Pyrénéenne”, Marie-José Gervais a proposé à Gisèle Vincent et Claire Birtles d’organiser le projet de ce côté-ci de l’Atlantique.

De quoi s’agit-il ?

Gisèle Vincent explique qu’il s’agit d’ “amener des femmes qui n’ont jamais fait de sport ou qui reprennent l’activité physique à relever un défi sportif à moyen terme et surtout les accompagner, à plus long terme, pour qu’elles puissent voler de leurs propres ailes.”

Et ce n’est pas par hasard que Gisèle Vincent et Claire Birtles se sont engagées dans ce projet.

Gisèle Vincent, une sportive engagée

Gisèle Vincent est engagée dans la vie de sa commune, Ibos, aux portes de Tarbes. Elle est adjointe au maire. C’est également une cycliste. Elle est présidente d’un club de cyclotourisme, le “Cyclo Roue Libre” aux 110 adhérents. Tous les deux ans, ce club organise “La traversée des Baronnies”, une randonnée cyclotouriste réunissant plus de 1 000 cyclistes à chaque édition. Le femmes cyclistes sont en nombre à chaque occasion, plus de 200. Femme de conviction, engagée, sportive, elle sait l’importance du sport pour la santé, certes, mais aussi dans la construction des liens sociaux.

Claire Birtles, au service du cyclisme féminin

Nous avions rencontré Claire Birtles à l’occasion de l’événement qu’elle organisait avec la section féminine de l’Avenir Cycliste de Bagnères de Bigorre, le “Rapha Women’s 100”. (lien vers l’article). Elle est responsable du développement du cyclisme féminin au sein du club.

Un engagement du département

L’action est soutenue par L’Office Départementale des Sports. Son directeur, Marc Bruning, fait de cette action un moyen pour lutter contre la sédentarité.

Au sommet du col d’Aspin

25 femmes se sont inscrites. 18 femmes – âgées de 25 à 60 ans- ont été retenues.

Les critères de sélection

Toutes ont montré qu’elles souhaitaient s’engager dans ce projet. Mais puisque le projet se fixe comme objectif d’augmenter la régularité de la pratique sportive, ce sont les moins sportives d’entre elles qui ont été sélectionnées, celles qui ont besoin d’un encadrement pour avancer.

Un accompagnement

Un encadrement est prévu, dix rencontres mensuelles permettant d’évoquer les questions de bienfaits de l’activité physique, la nutrition, la psychologie sportive… Elles suivent un plan d’entraînement individualisé.

Lors de chaque rencontre, le programme est chargé. Pour la rencontre de janvier, elles ont couru, fait du yoga et suivi une intervention sur la nutrition.

Un état d’esprit

L’état d’esprit est excellent. Le programme d’entraînement est suivi à la lettre. Celles qui semblent être démotivées sont remontées par les autres qui encouragent et soutiennent.
Un groupe Facebook leur permet de communiquer, de partager les sorties, de trouver des partenaires. On échange, également, des conseils matériels et des recettes. Et notamment les fameux “Flapjack”.

Jeudi 30 mai 2019

Le jeudi 30 mai 2019, les 18 “Roses des Pyrénées” atteindront le sommet du col d’Aspin. Elles seront accompagnées par des ambassadrices des Roses du Québec.
Et par des membres du groupe Facebook des “Sistas Cyclistas”.

Les Roses des Pyrénées à Québec

Les 21 et 22 septembre 2019, Les Roses des Pyrénées seront à leur tour au Canada pour participer à deux épreuves des défis du parc, au coeur du parc national de la Mauricie.

Il n’y a pas de recherche d’exploit que de vouloir atteindre le sommet du col d’Aspin. Simplement avoir la sensation que le corps peut nous amener où on le souhaite, à condition, bien logiquement de mettre tout à niveau, le corps et l’esprit.

2 Comments

    • Bonjour Marie,
      Pour l’instant, il n’y a pas d’information sur le parcours et les détails de la journée. Dès qu’on en sait plus on vous le fait savoir via notre page Facebook Kacycling. Au plaisir de vous lire.

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