Martine Misslin-Morand : à la rencontre de ses 70 ans

Martine Misslin-Morand réalise le Tour de France en 70 étapes, tout simplement. Elle est partie à la rencontre de la France et des français en toute discrétion mais avec beaucoup d’intensité.

Martine Misslin-Morand est partie, le 6 avril dernier pour un tour de France en 70 étapes à 70 ans. Il y a du symbolique lit-on ici. Il est vrai que ce rapprochement des nombres a tout du symbole.

  • 1999, 50 ans, 50 étapes
  • 2004, 55 ans, 55 étapes
  • 2019, 70 ans, 70 étapes.

Une tradition familiale

En 2011, elle subit un grave accident qui l’écarte de la pratique du vélo. Elle met 27 mois avant de pouvoir se remettre sérieusement au vélo. Martine fait ce tour de France sans aucune raison particulière. Elle aime rouler à vélo. Une tradition familiale qui lui a inculqué le goût de l’effort et du dépassement de soi. Elle dit vouloir rendre hommage à ses parents qui l’ont éduquée dans cet état d’esprit.

Rendre hommage

“Rendre hommage”, “voyage solidaire”, autant de raisons pour tenir à distance ce qui relève d’une grande performance. De la modestie ?
Martine a beau chercher autant de prétextes qu’elle le souhaite, c’est elle qui parcourt la France sur son vélo. Elle ne le dit pas, mais peut-être se rend-elle un bel hommage. Celui d’une vie pleine et entière. 70 ans justement.

Un vrai Tour de France

Martine fait son tour de France. Elle a prévu de parcourir 4 906 km. Pas en passant à travers la France mais en suivant les côtés de l’hexagone. Un vrai Tour de France.

L’esprit du cyclotourisme

Dans l’esprit du cyclotourisme, elle part à la rencontre de la France, de ses lieux touristiques. On ne peut pas faire de vélo si on n’a pas soif de voir, de connaître, de comprendre. Le vélo a à voir avec la culture.
Les lieux, certes, mais aussi ceux qui les habitent. Les autres.

Et c’est ainsi que nous avons rencontré Martine.

Les rencontres sont souvent le fruit du hasard. Dans une rencontre il y a les circonstances. Les conditions dans lesquelles elle a lieu. Il y a, aussi, la manière dont elle prend corps.

Les réseaux sociaux ont cela d’extraordinaire qu’ils apportent l’information partout où il se doit. Lorsqu’on est abonné aux réseaux des cyclotouristes, on reçoit des informations concernant l’initiative de Martine. On s’y intéresse forcément. Plus étrange encore, quand le kiné qu’on fréquente intensément nous demande si on connaît une “Martine Misslin-Morand”. De passage à Castelsarrasin, le médecin qui l’accueille lui a conseillé notre kiné pour une séance de récupération. Et c’est ainsi que nous nous sommes parlés, Martine assise sur un Swiss-Ball.

A la rencontre des autres

Le moment est-il peut être venu d’introduire cette belle phrase de Jean Cocteau (issue de Poésie critique) “De notre naissance à notre mort, nous sommes un cortège d’autres qui sont reliés par un fil ténu. »

Ce fil ténu qui nous relie tous aux autres, que nous oublions, allant même jusqu’à penser que nous sommes isolés les uns des autres, n’est-il pas une piste de réflexion pour tenter de comprendre que notre existence n’a de sens que par et pour la présence de l’autre.

Suivre le parcours

Pendant ce temps là, Martine est repartie, sur son vélo. On suit son voyage par Facebook, où elle prend soin de renseigner quotidiennement son profil. D’une étape à l’autre, on la découvre en compagnie d’autres cyclistes, d’autres hôtes qui lui font découvrir le terroir. Au moment où cet article s’écrit, elle en est au 36e jour, en Bretagne.

Un voyage solidaire

En 1999, elle avait réuni 17 000 euros tout au long des 5 200 km parcourus au profit de L’Association Départemental des Infirmes Moteurs Cérébraux (ADIMC) . En 2004, c’était 5 400 km et 25 000 euros rassemblés pour acheter du matériel pour une classe de déficient visuel.

Des Quadrix

En 2019, c’est toujours pour l’ADMIC qu’elle roule. Dans le but de leur offrir des Quadrix.
[Voir le Site Quadrix]

Les mairies des villes étapes l’accueillent, des clubs, des cyclos l’accompagnent un bout de chemin et offrent quelques euros. Des anonymes l’hébergent.
Une marraine et un parrain de choix sont à ses côtés  : Christine Janin, médecin et alpiniste,  première Française à avoir grimpé au sommet de l’Everest, première femme au monde au Pôle Nord, fondatrice et directrice de l’association « À chacun son Everest » et Benjamin Daviet, triple champion paralympique, qui vient de remporter le globe de la coupe du monde de biathlon handisport. 

Dans tout cela, il y a de l’exploit, du dépassement de soi, de la générosité. Tout ce qui se montre aux autres.
Et si on parlait plutôt de quiétude et de confiance.

A propos de Laurent 86 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

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