Pour comprendre la pratique du VTT en France

Tout au long de 4 jours, les épreuves s’enchaînent pour les aficionados de la pratique du VTT qui se déchaînent sur les chemins en terre du massif des Maures, en périphérie de Fréjus. Le Roc d’Azur ouvre ses portes pour 4 jours. 18 000 concurrents, 150 000 spectateurs et un salon du cycle français réunissant plus de 250 exposants. Amaury Sport Organisation (ASO) est à la manoeuvre pour ce qui est devenu au fil des 34 éditions la manifestation la plus populaire en europe pour ce qui concerne le cycle en général et le VTT plus spécifiquement.

La pratique du VTT est née à la fin des années 70 aux Etats-Unis, sous le terme de Mountain Bike. Le phénomène VTT a touché la France dans les années 80. Passe-partout, ludique et en pleine nature, il a totalement renouvelé la pratique et l’image du vélo et profondément contribué à redistribuer les cartes de l’industrie et de la commercialisation du cycle.

La réalité de la pratique du VTT

Une diversité de pratiques

Le VTT désigne  à la fois l’engin mais aussi la pratique effective « Tout Terrain » hors routes et sur sentier. Il est possible d’avoir un VTT et de ne pas l’utiliser pour rouler en dehors des sentiers. C’est en montagne qu’il prend tout son intérêt. Dans ce cas, la pratique est bien souvent sportive. Elle peut se faire également en version “découverte”, en milieu naturel hors route. C’est le cas des “promenades” en famille sur des chemins ou des sentiers faciles.
Mais le VTT peut tout simplement être utilisé pour rouler sur route. 

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La pratique du VTT : un laboratoire technologique

Les vélos des années 80 n’ont rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. L’engin a évolué : plus de confort grâce à l’introduction d’amortisseurs, plus de sécurité en intégrant des freins à disques. Le VTT est un vrai laboratoire technologique. Dès lors, les modalités de pratiques se sont élargies : cross country, descente, enduro, free ride, 4 cross, slopestyle.

Le VTT et les femmes

6,6 millions de personnes se disent “pratiquants” du VTT (enquête de de l’observatoire FPS IPSOS en 2007). 25% des cyclistes selon cette enquête. Et parmi eux 2,1 millions de femmes. Ce nombre est, encore une fois ambigu car il ne distingue pas les pratiquantes occasionnelles de celles qui ont une pratique plus soutenue voire sportive.

La pratique en club : plus faible que sur la route

A peine 1.5% des pratiquants déclarés du VTT sont licenciés en club dans cette discipline :

  • 40 000 licenciés VTT à la FFCT, soit un tiers, 1 700 sections de club.
  • 20 000 licenciés VTT à la FFC soit 1/5ème des licenciés auxquels il faut ajouter les pratiques du BMX.

Les pratiquants du VTT ont un profil nettement plus jeune avec une moyenne d’âge de 32 ans (enquête MJS/INSEP de juillet 2000). Comme sur route, deux tiers des pratiquants sont des hommes.

Le Mountain Bike et la montagne

Inventé pour la montagne, l’engin VTT a évolué pour faciliter la pratique en montagne (confort et sécurité). Opportunément, les stations et les sites de montagne ont clairement perçu qu’il y avait une possibilité de diversifier leurs activités et d’optimiser l’usage des remontées mécaniques.

L’ensemble de ces démarches a permis voire accompagné le développement de la pratique ludique du VTT. Autrefois, centré sur une pratique sportive et/ou spécialisée, le VTT s’ouvre à un plus large public à la recherche de loisirs pratiqués en famille.

La pratique du VTT et l’aménagement du territoire

Les collectivités territoriales ont réalisé de gros investissements dans le domaine du VTT.

Des sites labellisés

250 sites VTT sont labellisés par la FFC ou la FFCT. Ces sites répondent à un cahier des charges précis comprenant un certain nombre d’itinéraires classés en 4 niveaux à l’instar du ski de piste (vert, bleu, rouge et noir) et de services. La plupart des ces sites sont localisés en zone de montagne : Alpes, Massif- Central, Pyrénées, Jura et Vosges ainsi qu’en Bretagne et Normandie.
La FFC gère 193 sites cumulant 73 000 km d’itinéraires balisés. (Lien vers le site internet)

Des “Bike Park”

Une trentaine de stations de ski ont ouvert leurs remontées mécaniques à la pratique du VTT et ont développé des sites VTT labellisés, des parcours de descente et plus récemment des Bike Park. L’objectif est de proposer des circuits parfaitement sécurisés répondant à toutes les formes nouvelles de vélo tout terrain, comprenant des parcours de descente, des itinéraires « famille » plus accessibles, des pistes de randonnée ludiques, des parcs adaptés aux nouvelles pratiques de free style, trial, four cross…

Les grandes traversées

A l’image de la randonnée pédestre et de ses GR, des itinéraires de grandes traversées ont été mis en place en partenariat avec les collectivités locales, les clubs et des opérateurs privés (hébergeurs, éditeurs, accompagnateurs). Des itinéraires balisés, des hébergements spécialisés, des opérateurs d’accompagnement ou de portage de bagages, des topoguides sont ainsi proposés.
La FFC labellise 13 Grandes traversées faisant l’objet d’un topoguide. 

50 000 km d’itinéraires VTT

Dans le cadre des Plans Départementaux d’Itinéraires de Promenade et Randonnées, 63 % des départements ont pris en compte la pratique du VTT dans le cadre de leurs itinéraires. 50 000 km d’itinéraires VTT sont ainsi balisés en France, à l’initiative des collectivités ou de clubs, dans le cadre des sites labellisés et un linéaire sans doute presque aussi important hors sites labellisés. Les financements d’investissement et d’entretien sont pour l’essentiel assurés par les collectivités locales (Communautés de Communes, Départements et Régions).

A propos de Laurent 86 Articles
Sportif dès son plus jeune âge, il a pratiqué de nombreux sports d’endurance (course à pieds, triathlon, duathlon, cyclisme). Il possède une licence STAPS “management du sport” et une maîtrise “entraînement sportif et performance motrice”.

2 Comments

    • Merci pour votre commentaire. En effet, très peu de femmes sont licenciées et pratiquent la compétition : 13% semblerait-il. Elles représentent 28% des pratiquants du VTT (loisirs, utilitaires et compétition). Certes, un malaise dites-vous… un fait, une réalité. Le cyclisme – le VTT qui plus est – est un sport masculin ou tout au moins dont l’antériorité est une pratique masculine. Ce qui est navrant, c’est qu’on parle partout de “promotion du cyclisme féminin” et que rien ne bouge. Au plaisir de vous lire.

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